Le livre d’Anne Berest, Gabriële, s’articule autour de la vie de l’épouse de Francis Picabia et explore leur relation avec l’artiste. Le récit est étroitement lié à une grande exposition consacrée à l’œuvre de Picabia à Milan, dont l’ouverture est prévue le 9 octobre. Par ailleurs, Anne Berest prépare une série en quatre volets pour Beaux Arts, intitulée « Francis Picabia, ouvrir les portes de la nuit », qui sera publiée chaque semaine. Cette série retrace sa première rencontre avec l’art de Picabia ainsi que son parcours personnel pour découvrir l’histoire de sa famille, un cheminement entamé à l’adolescence. Elle revient à plusieurs reprises au Centre Pompidou à Paris, chaque visite lui offrant de nouvelles perspectives, et s’interroge sur la manière dont l’œuvre de Picabia suscite des réactions à la fois émotionnelles et physiques. Berest souligne que ses tableaux, comme ceux représentant ses épouses accompagnées de bouledogues, provoquent une réaction particulière, différente de celles inspirées par des artistes comme Picasso ou Braque. Elle compare l’expérience de contempler ses œuvres à la sensation d’un contact physique avec une autre personne. Au cours de ses recherches, Anne Berest découvre qu’elle a une tante prénommée Anne, mariée à Pancho, le fils aîné de Francis Picabia. Elle se rend à Paris pour rencontrer cette tante, qui vit à Montmartre. Leur entrevue a lieu dans un appartement faiblement éclairé, imprégné d’une odeur de temps suspendu. Anne Picabia, une femme âgée, lui raconte des souvenirs de sa jeunesse, évoquant notamment une anecdote où Yves Klein lui aurait fait une demande en mariage. Leur rencontre se poursuit autour d’un repas dans une brasserie du quartier, où Anne boit avec excès et partage des récits qui fascinent Berest. À la fin du repas, Anne quitte discrètement le restaurant sans payer, invitant Berest à faire de même pour éviter d’attirer l’attention. Berest obtempère, quitte l’établissement et rentre chez elle, où sa mère l’attend. L’exploration par Anne Berest de l’histoire de sa famille et de l’héritage artistique de Picabia se prolonge avec l’exposition de Milan. Celle-ci se tiendra du 9 octobre 2026 au 24 janvier 2027 au Palazzo Reale et présentera plus de 170 œuvres. Contrairement aux expositions traditionnelles, organisées de manière chronologique, celle-ci propose d’examiner l’évolution artistique de Picabia, de l’impressionnisme à l’abstraction, offrant ainsi une vision plus large de sa trajectoire. L’exposition vise à approfondir la compréhension des influences personnelles et créatives qui ont façonné son travail.