Premier roman de Sigolène Vinson

La Requine, le premier roman de Sigolène Vinson, explore les thèmes de la vie, de la nature et de la mémoire à travers un récit poétique et introspectif. Vinson, rescapée de l'attentat contre Charlie Hebdo du 7 janvier 2015, raconte comment elle a reconstruit sa vie après avoir frôlé la mort. Elle réfléchit à la fragilité et à la beauté du monde vivant, tout en exprimant son amour des paysages et de ses expériences personnelles, notamment une randonnée en pagaie solitaire près de l'étang de Berre, l'un des plus grands plans d'eau salée d'Europe.

L'étang de Berre, symbole central

L'étang de Berre, décrit comme un « grand lac blessé par les activités humaines », occupe une place centrale dans les réflexions de Vinson sur la réhabilitation des écosystèmes et la nécessité de protéger la nature. Elle tisse des liens entre le monde des requins et celui des humains, en décrivant une journée où elle découvre une dent de requin incrustée dans un rocher, ce qui déclenche un voyage dans ses souvenirs. Ce récit naturaliste et sensoriel oppose la joie à la tristesse tout en explorant l'altérité et l'élargissement du soi aux dimensions de la société, de la planète et de l'histoire humaine.

L'engagement de Vinson en faveur de l'écologie et de la politique

Vinson, devenue élue locale et travaillant avec des scientifiques, insiste sur l'urgence de renouer avec le vivant et d'inscrire les traces de la vie dans le sol. Elle évoque aussi des souvenirs d'enfance à Djibouti, notamment une visite à Khor Ambado avec son père, victime d'un attentat à la bombe en 1987. Ces expériences ont profondément influencé sa vision de la vie et de la nature.

Un récit nomade sur la préservation

Le livre, qui mêle introspection et réflexion écologique, est décrit comme un récit nomade qui oppose la joie à la tristesse et explore l'altérité. Il témoigne de la beauté de ce qui a existé sur Terre tout en soulignant l'importance de préserver la nature.