Les agriculteurs français adoptent de nouvelles technologies pour économiser l'eau

Les agriculteurs français utilisent de plus en plus des technologies innovantes pour préserver l'eau, un enjeu urgent après un été marqué par une sécheresse sévère et une chaleur extrême. Une conférence à Marseille réunit plus de mille experts internationaux de l'irrigation, venus de 75 pays, pour discuter de la gestion de l'eau en agriculture.

Les experts soulignent les limites des solutions actuelles

Sami Bouarfa, chercheur à l'Inrae (Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement) et l'un des organisateurs de la conférence, a déclaré à l'AFP que si les agriculteurs français ont amélioré leurs pratiques d'irrigation grâce à la technologie, ces mesures pourraient ne pas suffire à faire face aux défis croissants liés au changement climatique.

Des outils d'irrigation intelligente en cours de développement

Parmi les technologies actuelles d'irrigation intelligente figurent les capteurs de sol, qui signalent quand les plantes ont besoin d'eau, garantissant qu'elle est apportée au bon moment et en quantité suffisante. L'irrigation goutte à goutte est particulièrement efficace pour l'arboriculture, les fruits et les légumes, mais elle est moins adaptée aux grandes cultures.

De nouveaux capteurs et satellites améliorent le suivi

Des entreprises mettent au point des capteurs de flux de sève pour les vignobles, capables de détecter le stress des plantes susceptible d'affecter la production ou la qualité. Les satellites jouent également un rôle clé : la télédétection permet d'évaluer à grande échelle les ressources en eau, y compris l'état des cours d'eau et les besoins en eau des plantes sur de vastes zones.

Des économies d'eau supplémentaires sont possibles

L'Inrae estime que l'agriculture irriguée en France pourrait encore améliorer ses économies d'eau de 30 % grâce aux avancées technologiques. Toutefois, cela ne constitue pas une solution complète face aux défis posés par des étés de plus en plus secs.

Des stratégies adaptées à chaque région sont nécessaires

Sami Bouarfa a insisté sur la nécessité d'une analyse plus large, adaptée à chaque région, des pratiques agricoles, en se demandant s'il faut continuer à irriguer certaines cultures, comme le maïs, ou les déplacer vers des zones où l'irrigation n'est pas nécessaire. L'irrigation du maïs a diminué, passant de 40 % à 30 % au cours des vingt dernières années.

L'irrigation varie selon les cultures et les régions

Dans le nord de la France, les pommes de terre sont irriguées pour garantir leur qualité et leur calibre, les contrats avec l'industrie exigeant souvent une irrigation pour une transformation régulière en produits comme les frites. Les fruits et légumes nécessitent eux aussi une irrigation, même s'ils ne sont pas les plus gros consommateurs d'eau en France.

La viticulture face à une réalité qui change

La viticulture, traditionnellement considérée comme résistante à la sécheresse, connaît un changement de paradigme, avec des débats en cours sur l'opportunité d'irriguer les vignes, en particulier dans le sud de la France.

L'agroécologie pourrait favoriser la résilience

Sami Bouarfa s'interroge également sur la capacité de pratiques plus agroécologiques à améliorer la santé des sols et la résilience face à la sécheresse. Malgré la sécheresse aiguë de l'été dernier, la France reste un pays riche en ressources en eau grâce à ses cours d'eau et à ses précipitations.

Le changement climatique perturbe le cycle de l'eau

Le changement climatique modifie toutefois la répartition des pluies, entraînant des averses plus intenses suivies de longues périodes sèches, ce qui crée des cycles alternant inondations et sécheresses. Ce changement dans les régimes de précipitations provoque une forme de traumatisme collectif, car l'idée de disposer potentiellement de moins d'eau à cause du changement climatique est une préoccupation récente.