Le chef d'état-major de l'armée nigériane visite les troupes après une attaque jihadiste meurtrière ayant détruit une base militaire dans le Borno, ravivant les craintes d'une instabilité dans le nord-est.
Le chef d'état-major de l'armée nigériane se rend dans la zone touchée
Le chef d'état-major de l'armée de terre nigériane a rendu visite aux troupes stationnées dans le nord-est du pays, plusieurs jours après une attaque jihadiste qui a tué 15 soldats et cinq membres d'une milice locale combattant les groupes armés. Cette visite intervient dans un contexte de préoccupations croissantes concernant la situation sécuritaire dans la région.Une attaque jihadiste vise une base militaire
L'attaque a eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi à Mairari, un village de l'État de Borno, zone stratégique de la région du lac Tchad. Des combattants présumés de l'État islamique en Afrique de l'Ouest (EIAO) ont attaqué une base militaire, pillé des armes et du matériel, avant d'y mettre le feu.Des sources militaires confirment les pertes et les destructions
Un officier de l'armée nigériane, qui a requis l'anonymat, a déclaré à l'Agence France-Presse (AFP) que les assaillants avaient tué 15 soldats et cinq civils de la Force opérationnelle conjointe (FOC), une milice qui apporte son soutien à l'armée. La base a été entièrement détruite, contraignant les personnels survivants à se replier vers Monguno, une ville garnison voisine. Plusieurs soldats sont signalés disparus, ce qui fait craindre qu'ils aient été capturés.Des habitants décrivent les conséquences de l'attaque
Des habitants de Mairari ont indiqué que l'attaque avait commencé vers 22 heures GMT et s'était prolongée jusqu'à l'aube. Les assaillants ont emporté les objets de valeur et les véhicules, et incendié le reste. Un habitant, Grema Butari, a confirmé le bilan des destructions et des victimes donné par l'armée. Un autre habitant, Ahmad Sherif, a affirmé que les assaillants venaient d'une base située à Gudumbali, un district voisin.Une recrudescence des violences dans le nord-est
L'État de Borno est au cœur d'une insurrection jihadiste depuis 2009, initialement menée par Boko Haram. Le conflit s'est complexifié avec l'essor de groupes comme l'EIAO, affilié à l'État islamique. Les violences se sont intensifiées ces dernières années, avec une attaque majeure à Kukawa, une zone voisine, qui a fait environ 20 combattants et soldats tués juste avant l'incident de Mairari.Une violence croissante et une crise humanitaire
Le Nigeria fait face à une hausse des violences armées, le deuxième trimestre 2026 ayant enregistré le niveau de conflit le plus élevé depuis 1997, selon le projet ACLED. Le conflit jihadiste a causé des dizaines de milliers de morts et déplacé des millions de personnes. Les Nations unies estiment que deux millions de personnes ont été contraintes de fuir leur foyer dans le nord-est, ce qui accentue l'instabilité de la région.Des interrogations sur la capacité de l'armée
La destruction de la base de Mairari et le pillage de ses armes suscitent des inquiétudes quant à la capacité de l'armée nigériane à sécuriser la région. La visite du chef d'état-major de l'armée de terre met en lumière les difficultés rencontrées par les forces qui tentent de maintenir une présence dans le Borno, où les groupes armés continuent de mener des attaques coordonnées.