L'Indice Ibrahim de gouvernance en Afrique révèle un recul de la démocratie, 23 pays voyant leur gouvernance se détériorer, tandis que les espoirs reposent sur une population jeune.
L'indice révèle un recul de la gouvernance
Le dernier Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique, publié par la Fondation Mo Ibrahim, met en lumière un recul de la démocratie et des droits fondamentaux à travers le continent. Le milliardaire d'origine soudanaise et britannique Mo Ibrahim, fondateur de la fondation, souligne l'influence de la montée mondiale des « hommes forts » sur les dirigeants africains, estimant que certains pourraient s'inspirer de ces modèles.Des progrès dans certains domaines
Le rapport relève des avancées dans des domaines comme les opportunités économiques et le développement humain. Toutefois, ces gains sont compensés par une détérioration de la sécurité, des droits humains et de la participation citoyenne dans de nombreux pays. Ce tableau contrasté reflète à la fois des défis et certaines évolutions positives sur le continent.La majorité des pays en recul
Selon l'indice, trente pays, représentant près de la moitié de la population africaine, ont enregistré une amélioration globale de leur niveau de gouvernance en 2025 par rapport à 2016. En revanche, vingt-trois pays ont connu un recul, tandis qu'un seul est resté stable. Une part importante du continent connaît donc une dégradation de la gouvernance.Tendances autoritaires en Tanzanie et en Ouganda
Ibrahim cite particulièrement la Tanzanie et l'Ouganda comme exemples de dérives autoritaires. Il dénonce les violences contre l'opposition et les restrictions des libertés politiques dans ces pays. Selon lui, remporter une élection avec des scores écrasants tout en réprimant les opposants nuit à la crédibilité du processus démocratique.Impact des coups d'État et des conflits
Le rapport souligne également les conséquences des coups d'État militaires et des conflits armés récents, qui ont contribué au recul de la gouvernance dans plusieurs États, dont le Burkina Faso, le Soudan, le Nigeria et la Tunisie. Ces événements ont encore fragilisé des environnements politiques déjà instables.Appel à des partenariats internationaux plus solides
Ibrahim estime que l'Afrique doit davantage compter sur ses propres ressources, à la suite de la réduction de l'aide américaine, et appelle à des partenariats renforcés avec l'Europe, la Chine, l'Inde et d'autres acteurs internationaux. Il considère ces collaborations comme essentielles pour améliorer la gouvernance et le développement sur le continent.L'espoir placé dans la jeunesse africaine
Malgré ce constat préoccupant, Ibrahim demeure optimiste quant à l'avenir de l'Afrique, et place ses espoirs dans la jeunesse du continent. Aujourd'hui, 60 % des Africains ont moins de 25 ans, et d'ici 2050, un jeune sur trois dans le monde sera africain. Il estime que cette nouvelle génération, mieux informée et mieux formée que les précédentes, jouera un rôle décisif pour exiger davantage de transparence, de responsabilité et de démocratie de la part des dirigeants africains.