Les défis énergétiques et la transition des Fidji

Les Fidji dépendent fortement des combustibles fossiles, qui représentent plus de 10 % de son PIB, mais le pays cherche désormais à passer aux énergies renouvelables en raison de la hausse des coûts et des problèmes d’infrastructures. Dans le village de Rukurukulevu, des câbles électriques serpentent entre les palmiers, reliant les habitations au réseau national et à quelques panneaux solaires. Cette année, le dernier bâtiment du village, une école maternelle située en bord de mer, a enfin été raccordé à l’électricité, mettant fin à des années de coupure.

La hausse des coûts stimule l’intérêt pour les énergies renouvelables

Les prix de l’électricité augmentent fortement dans le village : certains foyers reçoivent des factures supérieures à 100 dollars, tandis que les bâtiments plus grands, comme l’église et les salles communautaires, font face à des coûts mensuels pouvant atteindre 300 dollars. Vereniki Nalio, porte-parole du village, explique que cette situation a poussé les habitants à envisager l’énergie solaire. Certains ont installé des lampes solaires pour éclairer les chemins, tandis que d’autres dépendent toujours du réseau national. Le village prévoit d’utiliser l’énergie solaire pour ses bâtiments publics, les habitants se partageant les coûts.

Les Fidji cherchent un soutien international pour leur transition énergétique

Les Fidji ont récemment accueilli une réunion préparatoire à la COP31, appelant les dirigeants mondiaux à financer leur transition énergétique. Toutefois, la conférence a été perturbée par une importante panne de courant qui a touché 4 000 participants, révélant la fragilité du système électrique du pays. Ro Filipe Tuisawau, ministre des Travaux publics, a déclaré que les Fidji sont trop dépendantes des combustibles fossiles et qu’elles entendent réduire cette dépendance.

Investir dans les énergies renouvelables et les infrastructures

Pour s’éloigner des combustibles fossiles, les Fidji prévoient d’investir 2 milliards de dollars fidjiens (800 millions d’euros) au cours de la prochaine décennie. Cela comprend des projets majeurs dans l’énergie solaire et hydroélectrique. Actuellement, le pays consacre jusqu’à 400 millions de dollars fidjiens (159 millions d’euros) par an à l’importation de combustibles polluants, soit 12 % de son PIB. Le ministre qualifie cette situation de « énorme ponction sur nos ressources », et l’objectif est d’atteindre 90 % d’énergie renouvelable d’ici 2035.

Les pressions climatiques et géopolitiques menacent les progrès

Tuisawau a averti que la hausse des prix de l’énergie, les tensions géopolitiques et les effets d’El Niño compliquent la situation. Les niveaux des barrages hydroélectriques baissent et, si les précipitations ne s’améliorent pas d’ici la mi-novembre, le pays pourrait faire face à une pénurie critique. Des rationnements d’eau et d’électricité pourraient être instaurés dans les quatre prochaines semaines, ce qui pourrait affecter les hôtels et l’approvisionnement en eau de leurs piscines.