Au moins 30 tonnes de poissons sont mortes dans les cours d’eau français depuis la vague de chaleur de cet été, selon des rapports récents. Des bénévoles mènent des opérations de sauvetage, récupérant des poissons comme la carpe et le sandre dans des zones comme le marais de Rochefort en Charente-Maritime. Jean-Luc Fougeroux, membre de l’association La Loutre Rochefortaise, a qualifié le nombre de morts de poissons cette année d’« exceptionnel à tous points de vue », précisant que le groupe a mené cinq opérations de sauvetage, un record pour l’association.
Une étude nationale menée par des organismes de recherche, dont l’Inrae, le CNRS et l’Université de Montpellier, a recensé environ 150 événements de mortalité, représentant plus de 22 000 poissons morts observés. Arnaud Sentis, chercheur à l’Inrae, a indiqué que ce chiffre ne représente probablement que « la partie émergée de l’iceberg », le système ne captant pas toutes les mortalités. Les espèces les plus touchées sont le brochet et la carpe dans les lacs, ainsi que la truite et l’omble dans les rivières. L’étude a également relevé une augmentation de 152 % de la mortalité des poissons pendant les vagues de chaleur par rapport aux périodes sans canicule.
Hamid Oumoussa, directeur général de la Fédération nationale de la pêche (FNPF), a qualifié la sécheresse actuelle d’« épisode de sécheresse le plus intense et le plus long en termes d’impacts sur les milieux naturels » dans la mémoire collective de la fédération. Il a souligné que les bénévoles peinent à faire face à l’ampleur de la crise, avec de nombreux ruisseaux asséchés et des écoulements interrompus. La FNPF a critiqué la loi d’urgence agricole pour son impact sur la protection des zones humides et la gestion locale de l’eau.
À l’inverse, certaines zones du Nord, comme la Selle près de la frontière de l’Aisne, ont vu s’améliorer l’état des poissons grâce à une meilleure qualité de l’eau et un débit constant. Christian Logez, président de l’association agréée La Truite Suplicienne et Béninoise, attribue cette situation à l’absence de pluie, qui évite le lessivage des nutriments des sols agricoles vers les cours d’eau. L’association a obtenu une interdiction temporaire de la pêche sur une partie de la Selle jusqu’à la fin 2027, dans le cadre d’une étude scientifique sur la qualité de l’eau et l’impact de la pollution.
Arnaud Sentis a proposé des solutions, comme le maintien des niveaux et des débits d’eau en restaurant les zones humides, qui agissent comme des « éponges » stockant l’eau en période humide et la restituant en période sèche. Il a également recommandé de limiter les prélèvements d’eau par l’industrie, l’hydroélectricité et l’agriculture en période de stress environnemental, ainsi que de préserver la végétation rivulaire pour limiter le réchauffement de l’eau. Il a insisté sur la nécessité pour les poissons d’avoir accès à des refuges thermiques, notant qu’il existe plus de 4 000 obstacles à l’écoulement en France. Un rapport parlementaire a estimé qu’il faudrait 500 millions d’euros par an pour la restauration écologique des cours d’eau.
Les voies navigables françaises confrontées à une mortalité piscicole sévère en raison de la sécheresse et de la canicule
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
fish-deathsheatwaveenvironmentwaterwaysecological-restoration
Sources d'origine :
- 🇫🇷BFMTV



