La Réunion fait face à des grèves et manifestations massives face aux coupes budgétaires, au recul des services publics et à la crise du logement, les syndicats exigeant des réformes urgentes.
Les syndicats se mobilisent à La Réunion
Plusieurs jours avant le 5 novembre, plusieurs syndicats de La Réunion ont appelé à se mobiliser sur toute l'île, dénonçant des annonces budgétaires qui ne répondent pas aux attentes, un affaiblissement des services publics et des problèmes de logement. Après plusieurs samedis de manifestations menées par la jeunesse, l'île est désormais entrée en mode grève.Plans de grève et participation des syndicats
Le jeudi 5 novembre, la CFDT, la CGT, FO, l'UNSA et la FSU ont appelé à une journée de grève nationale et à des manifestations interprofessionnelles. À La Réunion, l'intersyndicale prévoit deux rassemblements, à Saint-Denis et à Saint-Pierre. Selon Zinfo974, l'intersyndicale regroupe la CGTR, la CFTC, la CFDT, FO, Solidaires, l'UNSA, la FSU, le SAIPER et l'Union étudiante 974. Chaque syndicat porte ses propres revendications.La FSU Territoriale critique les mesures gouvernementales
La FSU Territoriale a dénoncé un « jeu du massacre social » et a transmis le préavis de grève déposé par la FSU Territoriale, adressé le 28 octobre au ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel. Le préavis couvre l'ensemble des agents de la fonction publique territoriale, chaque jour du 5 au 30 novembre. Le syndicat a qualifié les annonces de la Première ministre de « scandaleuses », citant la désindexation des pensions, le gel des APL et la non-cumulation de l'AAH et de l'ASS.Les revendications de la FSU et les inquiétudes sur le service public
Le syndicat affirme que ces mesures « épargnent une nouvelle fois les plus riches et frappent la majorité ». Le gel de la valeur du point d'indice pour 2027 « constitue une nouvelle provocation », selon la FSU. Sans revalorisation, plus de 850 000 agents ont vu leur salaire indiciaire « passer sous le SMIC depuis le 1er juin ». Le syndicat souligne également que « l'affaiblissement du service public et de la protection sociale touche particulièrement les femmes, qui sont majoritaires dans la fonction publique et plus exposées à la précarité ».La CGTR SAP-974 demande des droits pour les aides à domicile
Le syndicat CGTR SAP-974 a appelé « tous les aides à domicile et salariés du secteur » à se rassembler jeudi à 8 heures devant le Conseil départemental. Sa secrétaire générale, Linda Diblar, dénonce des « métiers essentiels » qui « restent parmi les plus précaires : salaires insuffisants, temps partiel imposé, déplacements permanents avec leur véhicule personnel et pénibilité non reconnue ». Le syndicat revendique : la création d'un véritable service public de l'autonomie et du maintien à domicile, une meilleure structuration du secteur pour anticiper le vieillissement de la population, un plan de recrutement et de formation ambitieux pour les salariés, la fin du temps partiel imposé, des hausses de salaires immédiates, une prise en charge réelle des frais de déplacement et de l'usure des véhicules, ainsi qu'une reconnaissance effective de la pénibilité de leurs métiers.La CGTR-BTP met la crise du logement au premier plan
Le syndicat CGTR-BTP a placé le logement au centre de ses préoccupations, en partant d'une image : « La photo publiée dans la presse d'un travailleur contraint de dormir dans sa voiture nous préoccupe profondément. » Son secrétaire général, Maximin Hoarau, demande : « Comment accepter qu'à La Réunion, des femmes et des hommes qui travaillent ne puissent même plus vivre dignement ? » Le syndicat rappelle que « plus de 50 000 demandes de logement sont en attente ». La baisse des crédits de la Ligne budgétaire unique (LBU) « soulève de sérieuses inquiétudes ».Les revendications de la CGTR-BTP sur le logement et l'emploi
Dans un secteur déjà en difficulté, « moins d'investissement dans le logement signifie le risque de moins de chantiers, d'entreprises fragilisées et d'emplois menacés ». Car « le pouvoir d'achat ne se résume pas au salaire : il dépend aussi de notre capacité à payer un loyer, à nourrir nos enfants et à vivre dignement ». La CGTR-BTP exige des financements à la hauteur des besoins, l'accélération de la construction de logements sociaux et très sociaux, des solutions d'urgence pour les personnes sans abri et les familles avec enfants, ainsi que le maintien des investissements nécessaires à l'emploi dans le secteur du bâtiment. Le syndicat refuse que « les travailleurs paient deux fois le prix de cette crise : d'abord par les difficultés de logement, puis par les conséquences d'une baisse de l'activité et de l'emploi ».Les mobilisations du 5 novembre
Enfin, le 5 novembre, on mesurera l'ampleur des mobilisations à La Réunion, qui, pour l'instant, ne se fait pas entendre aussi fort qu'en métropole.