Le gouvernement français a proposé d’ajuster les tranches d’imposition sur le revenu afin de suivre l’inflation, dans le but d’éviter une hausse automatique de l’impôt pour près de 20 millions de ménages et d’empêcher environ 500 000 foyers de devenir imposables. Selon la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, cet ajustement sera basé sur l’intégralité du taux d’inflation et non sur une partie seulement. Elle a déclaré qu’il est « hors de question de geler ce qu’on appelle le barème », car cela « générerait mécaniquement une hausse d’impôt pour tous les Français ». Cette indexation pourrait entraîner une « légère baisse d’impôt » pour les ménages dont les revenus ont progressé moins vite que le taux d’inflation utilisé pour faire évoluer le barème. Le projet de loi de finances pour 2027, présenté le 1er octobre, prévoit d’indexer les tranches d’imposition sur le revenu en fonction de l’évolution prévue de l’indice des prix à la consommation, estimée à 2,1 %. Le texte indique que cette mesure protégerait 20 millions de ménages d’une hausse d’impôt de près de 4 milliards d’euros et empêcherait environ 500 000 foyers de devenir imposables. Si elle est adoptée, les tranches d’imposition proposées pour 2027 seraient les suivantes : jusqu’à 11 844 euros de revenus : taux de 0 % ; de 11 845 euros à 30 200 euros : taux de 11 % ; de 30 201 euros à 86 353 euros : taux de 30 % ; de 86 354 euros à 185 737 euros : taux de 41 % ; plus de 185 738 euros : taux de 45 %. En 2026, le barème de l’impôt sur le revenu avait été revalorisé de 0,9 %, avec les tranches suivantes : jusqu’à 11 600 euros : taux de 0 % ; de 11 601 euros à 29 579 euros : taux de 11 % ; de 29 580 euros à 84 577 euros : taux de 30 % ; de 84 578 euros à 181 917 euros : taux de 41 % ; plus de 181 917 euros : taux de 45 %. Le gouvernement prévoit également une modification exceptionnelle de la revalorisation des pensions de base en 2027. Les retraités percevant moins de 1 260 euros par mois, toutes pensions confondues, bénéficieraient d’une hausse encadrée estimée à 1,7 %. Au-delà de ce montant, la revalorisation serait progressivement réduite, avec un gel possible au-delà de 2 000 euros. Plusieurs seuils intermédiaires sont prévus pour limiter les effets de seuil. Les taux définitifs restent à préciser, et la mesure devra être approuvée par le Parlement. Le gouvernement souhaite aussi améliorer l’identification automatique des bénéficiaires du chèque énergie en 2027. De nouveaux croisements de données, incluant les adresses électroniques et les numéros de téléphone détenus par les fournisseurs et gestionnaires de réseaux, permettraient d’identifier environ 100 000 foyers supplémentaires. Au total, 5,1 millions de ménages modestes pourraient bénéficier de cette mesure, avec des crédits en hausse de 7 % par rapport à 2026. La tranche des frais kilométriques, gelée depuis plusieurs années, reste un sujet de préoccupation pour les gros rouleurs, le prix de l’essence et du diesel rendant la situation actuelle intenable malgré l’aide de 100 euros accordée sous certaines conditions.