Avant l’âge de 3 ans, un enfant qui ne joue pas avec son père risque de développer un trait de caractère qui l’accompagnera toute sa vie. On suppose souvent que les adultes qui restent calmes ont naturellement une personnalité posée. Pourtant, derrière cette maîtrise de soi se cache souvent une histoire précise : celle d’un parent, souvent le père, qui a privilégié des interactions ludiques et physiques – jeux brutaux, portage, chatouilles – dans un cadre structuré. Ces moments en apparence anodins peuvent laisser une empreinte durable sur la capacité de l’enfant à contrôler ses impulsions. Depuis près de quatre décennies, des chercheurs étudient des dizaines d’études sur le jeu père-enfant et ses effets sur l’autorégulation. Leurs conclusions montrent systématiquement que les enfants dont les pères jouent souvent avec eux, surtout avant 3 ans, développent une meilleure régulation émotionnelle et comportementale, moins de problèmes de comportement et moins d’hyperactivité plus tard dans la vie.
La capacité à maîtriser sa colère, à retarder une gratification ou à tolérer la frustration peut changer le cours d’une existence. Pourtant, une partie de cette aptitude se forge dès la petite enfance, à travers des interactions spécifiques et concrètes, bien avant l’école ou les leçons pour « se calmer ». Une analyse de 78 études menées sur environ quarante ans, publiée dans la Revue de développement, révèle que la plupart des pères jouent quotidiennement avec leurs enfants, mais selon un style particulier : les porter sur le dos, les chatouiller, les poursuivre ou organiser des « batailles d’oreillers ». Ce jeu physique, plus fréquent chez les hommes que chez les femmes, est particulièrement lié à une meilleure autorégulation lorsque l’enfant a moins de 3 ans. Les enfants qui en bénéficient davantage présentent ensuite moins de difficultés émotionnelles, moins de problèmes de comportement et un risque réduit d’hyperactivité.
Cependant, les chercheurs de Cambridge restent prudents. « Il est important de ne pas surestimer l’impact du jeu père-enfant, car ce que la recherche peut nous dire a ses limites », explique le professeur Paul Ramchandani, cité par Psyblog. « Mais il semble que les enfants qui passent un temps de jeu raisonnable avec leur père en tirent globalement profit. » En d’autres termes, le jeu ne fait pas tout, mais il constitue un terrain d’entraînement privilégié pour développer des compétences d’autorégulation.
Le professeur Ramchandani précise ce qui est en jeu dans ces moments de jeux brutaux contrôlés. « Le jeu physique crée des situations amusantes et excitantes où l’enfant doit faire appel à son autorégulation. Il doit contrôler sa force, savoir quand les choses vont trop loin, ou peut-être que son père lui marche accidentellement sur le pied et qu’il se sent frustré. » Dans cet environnement sécurisé, l’enfant peut s’entraîner à réagir de manière appropriée. S’il réagit mal, il peut se faire gronder, mais ce n’est pas la fin du monde, et la prochaine fois, il se souviendra peut-être d’adopter un autre comportement. Chaque jeu permet à l’enfant d’apprendre à moduler son énergie, à entendre un « stop » et à retrouver son calme après un pic d’excitation. Ces micro-compétences soutiendront plus tard la capacité de l’adulte à retenir des mots blessants ou à résister à des achats impulsifs.
Le jeu père-enfant lié à un meilleur contrôle de soi en petite enfance
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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