L'Algérie renforce ses liens militaires et énergétiques avec le Niger, dans un contexte d'instabilité au Sahel, rompant avec sa politique de non-intervention.
Tensions entre le Mali et le Burkina Faso
Les tensions entre le Mali et le Burkina Faso au sein de la Confédération des États du Sahel ont provoqué une brève période de colère envers l'Algérie, après qu'un drone malien a été abattu par l'armée algérienne en avril 2025. Cet incident a temporairement tendu les relations entre l'Algérie et ses voisins, mais la situation s'est apaisée en février de l'année dernière, lorsque les pays se sont réconciliés, malgré les réserves du Mali.Les intérêts énergétiques passent en premier
D'autres intérêts, notamment ceux liés à l'énergie, ont pris le dessus dans la région. Le projet de gazoduc transsaharien, destiné à acheminer vers l'Algérie le gaz extrait au Nigeria, a été relancé. Ce mouvement souligne l'importance croissante de la coopération énergétique dans la région du Sahel.Activité militaire algérienne au Niger
En août, alors qu'Alger venait de remettre quatre hélicoptères aux forces nigériennes, le groupe public algérien Sonatrach a commencé à forer un nouveau puits de pétrole près de la localité de Kafra, dans le nord du Niger. Cette activité a coïncidé avec un renforcement de la coopération militaire et sécuritaire entre l'Algérie et le Niger.Intervention militaire algérienne au Niger
Peu après une « mutinerie » de soldats nigériens, réprimée par les forces fidèles à la junte au pouvoir depuis juillet 2023, ainsi que par le groupe paramilitaire russe « Africa Corps », le gouvernement algérien a envoyé à Niamey quatre chasseurs Su-30, armés de missiles air-air, ainsi qu'un avion ravitailleur Iliouchine Il-78. Cette décision a été prise à la demande des autorités nigériennes.Engagement de défense de l'Algérie
Le ministère algérien de la Défense a affirmé que cette opération réaffirmait l'engagement du pays en faveur du renforcement de la sécurité et de la stabilité dans la région, tout en réitérant son soutien au Niger. Cette intervention est sans précédent, l'Algérie n'ayant mené aucune opération au-delà de ses frontières depuis la guerre du Kippour.Assouplissement de la politique de non-intervention militaire
Depuis la guerre du Kippour, au cours de laquelle l'Algérie avait apporté un soutien militaire et financier à l'Égypte, l'Armée nationale populaire n'était plus autorisée à mener des opérations au-delà de ses frontières. Cette politique de non-intervention a été assouplie après une révision constitutionnelle en 2020, qui permet un engagement militaire régional plus large.Accord de défense entre l'Algérie et le Niger
Malgré sa rupture avec la France et les États-Unis sur le plan militaire, et face à une menace jihadiste qu'il ne parvient pas à contenir, le Niger a conclu un accord de défense avec l'Algérie le 21 octobre. Le contenu de cet accord n'a pas été rendu public, mais sa mise en œuvre est attendue prochainement.Le Parlement algérien autorise le déploiement de troupes
Quatre jours après l'accord de défense, le Parlement algérien a autorisé l'envoi de troupes dans le nord du Niger, à la demande de Niamey. Ce déploiement a été justifié par la nécessité de protéger les intérêts vitaux du pays, en raison de l'extension des menaces transfrontalières et de l'instabilité régionale.Base militaire algérienne à Madama
Selon les informations obtenues par Jeune Afrique, le détachement militaire algérien devrait être installé à Madama, où les forces françaises de l'opération Barkhane avaient établi une base opérationnelle avancée, située à environ 100 kilomètres de la frontière avec la Libye. Ce lieu revêt une importance stratégique pour la sécurité régionale.Axe de la mission militaire algérienne
Le portail d'information Algeria 360 précise que la mission militaire algérienne consistera essentiellement à « protéger les infrastructures énergétiques et à ne pas engager de combats ». Cet axe souligne l'importance stratégique de la protection des ressources énergétiques dans la région.Engagement public du président algérien
Au début du mois d'octobre, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, avait averti que l'Algérie protégerait le Niger quoi qu'il arrive. Il a déclaré : « Nous protégerons le Niger quoi qu'il arrive. S'il fait l'objet d'un complot, nous serons à ses côtés, dans la même tranchée, avec des actes, et non des mots », soulignant ainsi le soutien fort du pays au Niger.