Le gouvernement français impose des couvre-feux

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a annoncé lundi 19 octobre qu'il avait demandé aux responsables régionaux, appelés préfets, d'imposer des « couvre-feux partiels et localisés » afin de protéger les biens et les commerces. Ces couvre-feux visent une « délinquance générale très spécifique de pillage » survenue au cours du week-end.

Les couvre-feux pourraient être étendus au titre de l'état d'urgence

Lecornu n'a pas exclu de recourir à l'état d'urgence, déclarant que « si nécessaire, nous pourrions le faire », mais il privilégie pour l'instant les couvre-feux localisés. Cette décision fait suite à une réunion de la cellule interministérielle de crise (CIC) consacrée aux violences urbaines les 17 et 18 octobre.

Aide au chômage partiel pour les entreprises touchées

Le gouvernement a également annoncé qu'à partir de mardi, les salariés d'au moins 3 000 entreprises touchées seraient placés en « activité partielle à 100 % ». Cette mesure, demandée par le président de la République, garantirait une indemnisation de 60 % du salaire brut, soit environ 72 % du salaire net dans le cadre du dispositif habituel, bien que les modalités de calcul du taux de 100 % restent floues.

Fonds de soutien pour les commerces endommagés

Un fonds de soutien spécifique a été annoncé pour les entreprises frappées par les violences, et des discussions vont s'engager avec les compagnies d'assurance afin d'accélérer les expertises et les versements. Le gouvernement prévoit également de « débloquer un fonds de soutien » pour les commerçants dont les magasins ont été saccagés, incluant le report des cotisations sociales et fiscales ainsi qu'une aide financière.

Coût des récentes émeutes en France

Les dégâts causés par les émeutes et les pillages du week-end sont estimés à « des centaines de millions d'euros » pour les commerçants concernés. À titre de comparaison, les émeutes de juin et juillet 2023 avaient coûté 793 millions d'euros aux assureurs, dont 66 % couvraient les dommages subis par les entreprises et les biens professionnels.

Incertitude à Marseille

À Marseille, où de nombreux commerces ont été touchés, des couvre-feux locaux ont été demandés mais n'ont pas été confirmés. Une interdiction distincte des rassemblements et des manifestations a été imposée dans la ville lundi, de midi à 20 heures. La visite prévue du ministre de l'Intérieur à la rencontre des commerçants et des élus touchés a été reportée en raison d'une réunion avec le Premier ministre.