Trois policiers parisiens sont jugés pour homicide involontaire après la mort de Cédric Chouviat en 2020 lors d'un contrôle. Sa famille conteste la compétence du tribunal, invoquant une négligence policière.
Date du procès incertaine pour les policiers
Trois policiers doivent être jugés à partir de lundi devant un tribunal de Paris pour homicide involontaire lié à la mort de Cédric Chouviat, un livreur de 42 ans, plus de six ans après son décès survenu lors d'un contrôle routier qui a dégénéré en affrontement violent. Toutefois, la date du procès reste incertaine en raison d'une demande de report formulée par la défense.La famille conteste la compétence du tribunal
La famille de Cédric Chouviat compte soulever immédiatement l'« incompétence » du tribunal pour traiter l'affaire, estimant que les faits relèvent du pénal et devraient être jugés par un tribunal correctionnel plutôt que par la juridiction actuelle. Cette contestation s'inscrit dans leur volonté de garantir que l'affaire soit traitée correctement et que justice soit rendue.Un contrôle routier aux conséquences mortelles
Le 3 janvier 2020, Cédric Chouviat a été arrêté par quatre policiers dans le 7e arrondissement de Paris alors qu'il circulait en scooter tout en tenant un téléphone. La situation a rapidement dégénéré. Dans la vidéo qu'il a filmée pendant son interpellation, on le voit plaqué au sol, répétant « Je suis en train de suffoquer » à neuf reprises en 13 secondes, mais ses appels n'ont pas été entendus par les policiers.Une technique d'étranglement utilisée lors de l'interpellation
L'un des principaux prévenus, Michaël P., alors âgé de 33 ans, a utilisé une technique d'étranglement pour maîtriser Cédric Chouviat, une méthode alors interdite. Lors de son audition, il a décrit ses souvenirs de l'interpellation comme « flous » et affirmé avoir veillé à ne pas exercer une pression excessive. La détresse de Cédric Chouviat, remarquée par ses collègues après qu'il a été menotté, l'aurait laissé dans un état de « stupeur ».Des similitudes avec l'affaire George Floyd
Cet incident présente des similitudes avec la mort de George Floyd, un Afro-Américain asphyxié sous le genou d'un policier blanc à Minneapolis en mai 2020. Cette affaire était devenue un symbole mondial des violences policières et avait suscité de vastes manifestations. La mort de Cédric Chouviat a également mis en lumière la question de la conduite des forces de l'ordre et de leur responsabilité.La défense affirme que les policiers ont agi légalement
Pauline Ragot, avocate de deux des policiers mis en cause, a déclaré que les fonctionnaires avaient « agi dans le cadre d'une interpellation difficile sur un axe routier majeur » et que l'interpellation était « légitime ». Elle a fait valoir que les policiers n'auraient pas pu percevoir la détresse physique de Cédric Chouviat, car ils auraient relâché leur prise s'ils l'avaient remarquée.Une autorité critique le comportement des policiers
Le Défenseur des droits, autorité indépendante française, a estimé, dans une décision rendue publique en avril 2026, que les policiers avaient fait preuve de comportements « inappropriés, négligents et imprudents ». Cette appréciation contraste avec les arguments de la défense et illustre le débat juridique et éthique qui entoure toujours l'affaire.La famille conteste la qualification pénale
Arié Alimi, avocat de la famille, a qualifié l'accusation d'homicide involontaire d'« hérésie juridique » lors d'une conférence de presse. Il s'est interrogé sur la manière dont un étranglement infligé à Cédric Chouviat alors que celui-ci répétait qu'il suffoquait pouvait être considéré comme non volontaire. La famille exprime sa frustration face à une procédure qui, selon elle, n'a pas suffisamment reconnu l'injustice subie.Une procédure jugée insuffisante
Les avocats de la famille comme la défense s'accordent à dire que la durée du procès, prévue sur deux demi-journées, est insuffisante pour traiter l'affaire dans toute sa complexité. Christian Chouviat, le père de la victime, a exprimé une colère profonde envers les policiers et déclaré que sa douleur ne cesserait jamais.Un espoir de réconciliation
Sofia Chouviat, la fille de la victime, a souligné que les violences policières se sont « répétées » depuis la mort de son père. Elle espère que cette affaire deviendra un « symbole de réconciliation » et qu'elle entraînera des changements durables dans la manière dont de tels incidents sont traités à l'avenir.