L’agglomération lyonnaise fait face à une aggravation de la crise du logement, avec des besoins annuels en logements dépassant les 11 000 unités, selon le FPI Région Lyonnaise. Les dernières données d’août 2026 révèlent une baisse de 15 % des réservations de logements individuels, avec seulement 969 unités réservées pour 2026, contre l’année précédente. Les ventes en bloc aux bailleurs sociaux ont également chuté de manière spectaculaire, reculant de 45 % pour atteindre 152 unités en 2026, contre 278 en 2025. Les nouveaux projets immobiliers ralentissent également, avec une diminution de 13 % des mises en chantier, soit 1 138 unités. Si le nombre total de logements disponibles a progressé de 9 % pour atteindre 2 865 unités, le nombre de logements terminés mais invendus reste stable à 312 unités. Les prix sur le marché privé du logement ont baissé de 4,1 %, s’établissant en moyenne à 5 345 euros le mètre carré. Cependant, la situation varie selon les territoires. Dans la ville de Lyon même, les réservations ont reculé de 32 %, avec 205 unités réservées à 6 217 euros le mètre carré. À Villeurbanne, les ventes ont diminué de 13 %, avec 139 unités vendues à 5 239 euros le mètre carré. En revanche, les banlieues enregistrent une légère hausse des réservations, avec 505 unités réservées, soit une progression de 2 %, et une augmentation de 64 % des nouvelles annonces pour atteindre 770 unités. Les prix y sont restés stables à 4 065 euros le mètre carré. L’écart entre le nombre de logements construits et les besoins ne cesse de se creuser. Selon l’étude Trajectoire Logements 2050 du CERC AURA, la région a besoin de 11 000 logements par an jusqu’en 2040, un objectif qui n’est pas atteint depuis plusieurs années. En 2025, seulement 3 575 permis de construire ont été délivrés pour des logements collectifs, un chiffre qui est tombé à 1 801 en 2026. Le délai moyen d’instruction d’un permis est désormais de 12,4 mois, ce qui ralentit encore le rythme des constructions. Parallèlement, la taille moyenne des ménages est passée de 2,17 personnes en 2015 à 2,09 aujourd’hui, générant un besoin supplémentaire de 1 700 logements par an. Les ménages composés d’une seule personne devraient représenter la majorité des logements dans la région, déjà 52 % à Lyon, selon l’INSEE. La crise du logement touche également les 228 000 étudiants de l’académie de Lyon, dont 88 % vivent dans des logements locatifs privés. En raison du manque de logements disponibles, entre 12 % et 17 % des étudiants pourraient envisager d’abandonner leurs études. Face à cette situation, les promoteurs immobiliers réclament des modifications des règles d’urbanisme. Le FPI Région Lyonnaise plaide pour une révision simplifiée du PLU-H, qui permettrait d’assouplir les contraintes sur la mixité sociale dans le logement et les exigences de surface minimale. S’agissant du logement social, la profession souligne l’intérêt du Bail Réel Solidaire (BRS), tout en pointant le plafond de revenus actuel – fixé à 70 % du niveau du PSLA – qui exclut 30 % des ménages pouvant prétendre à ce dispositif dans le cadre du plan national. Bérengère Bouvier, présidente du FPI Région Lyonnaise, a insisté sur l’urgence de relancer des projets immobiliers adaptés aux besoins actuels. Les promoteurs demandent également le maintien du Prêt à Taux Zéro (PTZ) et le renouvellement des exonérations sur les donations familiales pour contribuer à atténuer la crise.