L’opéra Werther, composé par Jules Massenet, est de retour sur scène à Rennes après plus de vingt ans d’absence, dans une production cofinancée par l’Opéra-Comique, le théâtre local rennais et l’Angers Nantes Opéra. Le ténor Julien Behr incarne le rôle-titre de Werther, comme le suggérait le metteur en scène Matthieu Rietzler. Christophe Rizoud avait précédemment couvert la création parisienne de cette production, disponible à visionner sur arte.tv jusqu’en juillet 2027. Il avait salué la performance de Pene Pati ainsi que la mise en scène de Ted Huffman, bien que la version actuelle rennaise propose une scénographie différente. La mise en scène d’Alex Gotch se distingue par un minimalisme poussé à l’extrême. Une grande cage de scène confère à la production une dimension verticale inhabituelle, tandis que les décors se limitent à l’essentiel, invitant le public à imaginer les lieux comme une terrasse, un jardin, une fontaine ou la maison du Bailli. Quelques accessoires simples, comme un sapin de Noël, suffisent à créer une impression de familiarité et de proximité avec les personnages. L’une des scènes les plus marquantes intervient lors d’un intermède symphonique, où Charlotte tente d’empêcher Werther de commettre un acte fatal. À ce moment-là, la scène est dépouillée de tout accessoire, à l’exception d’un orgue placé au fond, ce qui renforce le drame et la concentration de l’attention. La distribution comprend Julien Behr dans le rôle de Werther, Lucie Peyramaure en Charlotte, Manon Lamaison en Sophie, Anas Séguin en Albert, Marc Scoffoni en Bailli, ainsi que Benoît-Joseph Meier et Florent Karrer dans les rôles de ses compagnons. Les interprètes auraient selon les observateurs formé une belle alchimie sur scène, et les enfants du Bailli s’étaient particulièrement bien préparés. Chloé Dufresne a dirigé l’Orchestre National de Bretagne, dont la prestation a été remarquée pour la expressivité de ses gestes et la cohésion de son son, à la fois beau et homogène. La dernière scène se joue dans un dépouillement total, avec des effets spéciaux impliquant une flaque de sang détaillés dans un autre article. La production sera donnée à Rennes jusqu’au 11 octobre, puis à Caen les 26 et 28 novembre, avant de se poursuivre à Nantes du 14 au 22 mai, et enfin à Angers le 4 juin. Ce retour de Werther offre une relecture moderne de l’œuvre classique à travers plusieurs villes françaises, permettant au public de découvrir une approche minimaliste renouvelée.