Une mission parlementaire dirigée par Éric Coquerel, député du groupe La France Insoumise (LFI), estime que les événements météorologiques extrêmes de l’été 2026 — canicules, sécheresses et incendies — ont coûté environ 16 milliards d’euros à la France, selon un rapport combinant données officielles et témoignages de professionnels. Ce chiffre, qualifié d’« estimation provisoire », dépasse la fourchette de 10 à 15 milliards d’euros évoquée précédemment par Monique Barbut, ministre de la Transition écologique. Coquerel a souligné que cette estimation intègre divers types de coûts, ce qui pourrait entraîner des doubles comptes, et que des réserves méthodologiques existent quant à sa précision. Le rapport détaille les coûts par grands postes. D’abord, l’impact sur la croissance économique a été évalué par l’INSEE et la direction générale du Trésor à environ 0,1 point de PIB, soit près de 3 milliards d’euros. Les dépenses publiques supplémentaires, non prévues au budget, sont estimées à environ 2,5 milliards d’euros. Ce montant inclut 1,3 milliard d’euros d’aides aux agriculteurs, 700 millions d’euros de dépenses de santé et au moins 300 millions d’euros pour la lutte contre les incendies. Les coûts sanitaires, calculés par extrapolation à partir de la canicule de 2003, s’élèveraient à environ 560 à 820 millions d’euros pour les Ehpad et autres établissements médico-sociaux. Pour les ménages, le rapport évalue à au moins 500 millions d’euros les dommages liés aux incendies, selon les données de France Assureurs, la fédération de l’assurance. Il estime également à 800 millions d’euros supplémentaires les coûts d’électricité liés à l’usage de ventilateurs et de climatiseurs. Le secteur agricole concentre la plus grosse part des pertes, avec des dégâts estimés à environ 10 milliards d’euros par les syndicats agricoles. Après déduction des aides publiques, la mission retient un coût net d’environ 8,7 milliards d’euros. Lancée fin août, la mission parlementaire a recueilli l’avis de nombreux acteurs : ministères, opérateurs publics, économistes, pompiers, agriculteurs et assureurs. Ses conclusions ont été présentées à la commission des Finances de l’Assemblée nationale. La mission vise aussi à établir une première estimation du coût d’adaptation de la France aux futures canicules. L’une de ses principales recommandations porte sur la rénovation des 50 000 écoles du pays, pour un investissement d’environ 50 milliards d’euros d’ici 2050, selon le rapport. Pour affiner les futures évaluations des coûts des canicules, la mission propose de confier à l’INSEE un suivi annuel avec six agents dédiés, pour un coût d’environ 4 millions d’euros entre 2027 et 2030. Le rapport formule 45 recommandations, parmi lesquelles un programme de recherche à 2 millions d’euros, le renforcement des effectifs de Météo-France et de l’Office national des forêts, ainsi qu’un accroissement des moyens des SDIS. Il suggère aussi l’adoption d’une loi de programmation de la protection civile et le développement d’une flotte d’une vingtaine d’avions amphibies. Côté recettes, Coquerel propose une « taxe additionnelle d’1 euro par nuit » pour les hôtels quatre et cinq étoiles et les palaces. Le rapport souligne que le coût de l’adaptation augmentera fortement si aucune mesure n’est prise, avec des dépenses cumulées estimées entre 116,30 et 157,65 milliards d’euros entre 2030 et 2050, dont 87,38 à 128,18 milliards à la charge de l’État.