De l'oxygène découvert dans l'obscurité des grands fonds marins

Des chercheurs ont détecté une production d'oxygène à 4 000 mètres de profondeur dans la zone de Clarion-Clipperton, dans le Pacifique, un endroit où la lumière du soleil et les organismes vivants sont absents. Cette production inattendue d'oxygène soulève des questions sur les mécanismes à son origine.

Des géobatteries au fond de l'océan

L'oxygène proviendrait vraisemblablement de nodules polymétalliques présents sur le fond marin, qui fonctionnent comme des géobatteries naturelles. Au contact de l'eau de mer, ces nodules peuvent générer jusqu'à 0,95 volt, ce qui pourrait déclencher des réactions chimiques produisant de l'oxygène.

Une controverse autour des résultats

La découverte, publiée en 2024 dans la revue Nature Geoscience, a suscité un débat. The Metals Company, qui finance en partie l'étude, a qualifié les recherches de défectueuses, et un article d'opinion publié en 2025 dans Frontiers in Marine Science conteste les taux de production d'oxygène avancés.

Contexte historique et confirmation

L'étude a d'abord été remarquée en 2013, mais les premiers signaux ont été attribués à des capteurs défectueux. Une seconde mesure indépendante, réalisée en 2021, a confirmé la production d'oxygène en pleine obscurité, sans algues ni plantes, ce qui a renforcé l'intérêt scientifique pour ce phénomène.

Conséquences pour l'exploitation minière des grands fonds

Ces résultats remettent en question l'idée selon laquelle la production d'oxygène nécessite la photosynthèse. Ils ont aussi des implications pour l'exploitation minière des grands fonds marins, alors que 46 États soutiennent un moratoire sur l'exploitation des fonds marins, ce qui souligne la nécessité de mieux comprendre les grands fonds avant le début des opérations minières.

Débat international et recherches futures

Une expédition dédiée, financée par la Nippon Foundation, vise à trancher le débat scientifique. La controverse a des répercussions sur les négociations internationales : lors de la 31e session de l'Assemblée de l'Autorité internationale des fonds marins, en août 2026, aucun code minier n'a été adopté, et 46 États, dont la France, soutiennent un moratoire.