Le 6 octobre, Air Liquide a annoncé avoir réussi à lever deux milliards d’euros sur le marché obligataire. La réponse des investisseurs a été très forte, avec une demande totale atteignant 13 milliards d’euros, soit plus de six fois le montant proposé. Le gouvernement français a également suscité un vif intérêt pour sa dette, avec une demande pour une obligation arrivant à échéance en 2036 s’élevant à 12,56 milliards d’euros, bien que seulement 6,27 milliards aient été effectivement empruntés. Bien que les modalités d’emprunt diffèrent, l’État français ne manque pas de prêteurs pour sa dette. Cependant, le défi réside dans le taux d’intérêt auquel les prêteurs sont prêts à financer. Air Liquide a indiqué un taux d’intérêt moyen pondéré inférieur à 4 %, intégrant des couvertures financières. Dans le même temps, la dette publique française à dix ans rapportait environ 4,75 %, approchant les 5 %. Dans certains cas, une entreprise française comme Air Liquide semble inspirer davantage la confiance des prêteurs que l’État français lui-même.
Air Liquide fait partie d’un groupe de grandes entreprises françaises souvent éclipsées par les défis auxquels est confronté le secteur industriel français dans son ensemble. Fondée en 1902, l’entreprise fournit des gaz et des technologies pour les industries et la santé, notamment de l’oxygène médical, de l’azote, de l’hydrogène et des gaz ultra-purs utilisés dans la fabrication de semi-conducteurs. Ces produits ne sont pas très connus du grand public, mais ils reposent sur des savoir-faire complexes et difficiles à remplacer, comme la séparation des gaz de l’air, leur purification, leur liquéfaction à très basse température et leur stockage et transport en toute sécurité. Dans la fabrication de semi-conducteurs, la moindre impureté peut perturber le processus.
L’électronique représente environ 10 % de l’activité d’Air Liquide, et l’entreprise s’attend à ce que ce secteur croisse d’au moins 10 % par an jusqu’en 2030, en partie grâce à la demande en intelligence artificielle et en centres de données. Le besoin de puces plus avancées et plus complexes augmente la demande en gaz spécialisés et en matériaux ultra-purs. Pour les hôpitaux et les grandes installations industrielles, l’approvisionnement ininterrompu de ces matériaux est crucial. Air Liquide maîtrise toute la chaîne d’approvisionnement, de l’équipement de production à la livraison. Présente dans 59 pays avec environ 65 000 employés, l’entreprise a enregistré un chiffre d’affaires de 26,94 milliards d’euros en 2025. En tant qu’entreprise industrielle mondiale, sa stabilité financière ne dépend pas uniquement de l’économie française.
Les deux milliards d’euros levés par Air Liquide sont répartis en trois parties. La première est de 400 millions d’euros remboursables en octobre 2028, avec un taux variable indexé sur l’Euribor à trois mois majoré de 0,35 %. La seconde est de 750 millions d’euros pour cinq ans, avec un taux d’intérêt fixe annuel de 4 %. La troisième est de 850 millions d’euros pour dix ans, avec un taux fixe de 4,5 %. Les fonds serviront aux opérations générales de l’entreprise et au refinancement de sa dette existante. Les tranches à taux fixe du prêt coûteront à l’entreprise environ 30 millions et 38,25 millions d’euros par an, soit un total de 68,25 millions d’euros par an tant que ces deux tranches sont en circulation. Sur la durée respective de ces emprunts, le coût total s’élèvera à 532,5 millions d’euros. Des coûts supplémentaires proviendront du prêt à taux variable, qui dépend du taux de l’Euribor. Le coût réel inclut également des frais et des contrats financiers pour se couvrir contre les fluctuations des taux d’intérêt, ce qui explique pourquoi le taux moyen peut rester inférieur à 4 % malgré des taux fixes plus élevés sur certaines tranches du prêt.
La hausse du coût d’emprunt en France reflète des tendances économiques et financières plus larges. En mai 2021, Air Liquide avait émis 500 millions d’euros pour dix ans à un taux de 0,375 %. En septembre 2022, le taux pour un emprunt similaire à dix ans était monté à 2,875 %. Aujourd’hui, l’entreprise doit proposer un taux de 4,5 % pour une nouvelle dette à long terme. La tranche de 850 millions d’euros à dix ans coûte désormais 35,06 millions d’euros de plus par an par rapport au taux de 2021, soit 350,63 millions d’euros sur dix ans. Comparé au taux de 2022, le surcoût est de 13,81 millions d’euros par an, ou 138,13 millions d’euros sur dix ans. Ces chiffres illustrent l’augmentation du coût d’emprunt par rapport aux taux passés, mais ils ne signifient pas que Air Liquide remplace une dette existante du même montant. Même par rapport à ses emprunts récents, le coût a fortement augmenté. En octobre 2025, l’entreprise avait levé 2,15 milliards d’euros à un taux moyen inférieur à 3 %, avec la tranche la plus longue assortie d’un coupon de 3,5 %. La hausse d’un point de pourcentage sur le prêt de 850 millions d’euros aujourd’hui ajoute 8,5 millions d’euros de coûts annuels, soulignant l’augmentation des dépenses d’emprunt dans le contexte actuel.
Si l’on compare Air Liquide à l’État français, la différence est minime. Selon les données de Bloomberg, Air Liquide a emprunté à 4,10 % pour un prêt à cinq ans, tandis que l’État français a payé 4,13 % pour la même durée. L’écart représente environ 262 500 euros par an sur le prêt de 750 millions d’euros. Cependant, la tendance habituelle est inversée : les investisseurs sont prêts à prêter à Air Liquide à un taux légèrement inférieur à celui de l’État français. Une tendance similaire s’observe pour la tranche à dix ans. En comparaison avec l’Allemagne, la situation est différente. Les obligations d’État allemandes, appelées Bunds, rapportaient environ 3,5 % pour des échéances à dix ans début octobre. Linde, un grand concurrent d’Air Liquide basé en Irlande, a emprunté à 3,2 % pour un prêt à quatre ans et à 3,8 % pour un prêt à dix ans en mai 2026. Malgré la légère différence de taux, le moment de l’emprunt rend une comparaison directe difficile. Le coût d’être français n’est pas facile à quantifier, mais il se manifeste dans des coûts d’emprunt plus élevés que ceux des pairs internationaux. L’écart, bien que faible, peut s’accumuler de manière significative avec le temps.
Les implications financières de ces coûts d’emprunt sont substantielles. Une réduction de 0,25 à 0,50 point de pourcentage sur les tranches à taux fixe des prêts permettrait à Air Liquide d’économiser entre 4 et 8 millions d’euros par an pendant les cinq premières années. Sur la durée de vie de ces obligations, les économies pourraient atteindre jusqu’à 61,25 millions d’euros. Bien que cela ne quantifie pas une « pénalité française » spécifique, cela illustre comment de petites variations des taux d’intérêt peuvent avoir un impact significatif. La confiance dans la dette française est étroitement liée à la solidité de l’économie du pays, laquelle est soutenue par des entreprises comme Air Liquide, Airbus, TotalEnergies, Safran et Schneider Electric. Ces entreprises innovent, produisent et exportent, versent de bons salaires et des dividendes à leurs actionnaires, et contribuent à la collectivité. Leurs performances aident à maintenir la confiance des prêteurs dans la capacité de la France à rembourser ses dettes. Cependant, si cette confiance venait à s’affaiblir, le coût d’emprunt pour ces entreprises pourrait augmenter, les amenant indirectement à payer pour les vulnérabilités financières du pays.
Le financement par dette d'Air Liquide surpasse celui de l'État français pour certaines maturités
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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