Les règles de dénomination uniques de l'Islande

En Islande, les parents ne peuvent pas choisir n'importe quel prénom pour leur enfant, même s'ils en ont rêvé. Seuls les prénoms figurant sur une liste officielle sont autorisés, et tout prénom ne figurant pas sur cette liste doit être examiné par un comité spécial.

La liste des prénoms approuvés

La liste islandaise des prénoms approuvés compte environ 4 866 prénoms, répartis entre prénoms masculins et féminins. Si un prénom figure déjà sur la liste, les parents peuvent le choisir facilement. En revanche, s'ils souhaitent un prénom inhabituel ou étranger, celui-ci doit être examiné par le Mannanafnanefnd, un comité créé en 1991.

Le rôle du comité

Le Mannanafnanefnd, ou Comité des prénoms, est chargé d'examiner les prénoms ne figurant pas sur la liste officielle. Il s'assure que les prénoms sont compatibles avec la grammaire islandaise, n'utilisent que l'alphabet islandais et n'exposent pas l'enfant au ridicule. Le comité compte trois membres, nommés pour des mandats renouvelables de quatre ans.

Critères d'approbation

Pour être approuvé, un prénom doit pouvoir se décliner au génitif, une forme grammaticale qui indique la possession. Il doit également n'utiliser que l'alphabet islandais, ce qui exclut des lettres comme C, Q, W et Z. Les prénoms susceptibles de susciter moqueries ou difficultés sociales sont aussi rejetés.

Ajouts récents et changements juridiques

Récemment, le comité a approuvé des prénoms comme Angelína, Luna et Kíran, montrant que des prénoms issus d'autres cultures peuvent être acceptés s'ils répondent aux critères. Toutefois, un nouveau projet de loi proposé en juin pourrait supprimer le comité en exigeant que les prénoms puissent se décliner en islandais, sans nécessiter d'examen individuel.

Un tournant culturel

L'Islande, connue pour son attachement strict aux traditions linguistiques, pourrait s'orienter vers une approche plus souple en matière de dénomination. Ce changement reflète une évolution des mentalités dans la société, qui cherche à concilier la préservation de la langue et l'évolution des normes, et marque un moment important dans l'histoire culturelle et juridique du pays.