L'apprentissage comme adaptation

Selon le psychologue suisse Jean Piaget, l'apprentissage se définit comme la capacité d'un organisme à s'adapter aux changements de son environnement. Le cerveau tire en permanence des enseignements de ses expériences, ce qui lui permet d'ajuster ses décisions futures.

Prédictions et plasticité cérébrale

Ce processus repose sur la formulation de prédictions, que l'expérience confirme ou réfute, conduisant à l'adoption de comportements adaptés. Sur le plan physiologique, on parle de plasticité cérébrale : certains réseaux de neurones se renforcent tandis que d'autres s'affaiblissent, ce qui permet l'acquisition et le stockage de nouvelles compétences ou informations.

Facteurs innés et acquis

La question de savoir si la plasticité cérébrale relève davantage de facteurs innés ou acquis est complexe, car les deux interagissent en permanence. Il n'existe aucune compétence entièrement innée ni entièrement acquise. La variabilité génétique contribue aux comportements et aux aptitudes, y compris sur les plans social et émotionnel, mais ceux-ci sont façonnés par les influences de l'environnement.

Une influence de l'environnement sur les comportements

On peut parler d'un « état initial » auquel s'ajoute l'apprentissage façonné par l'environnement. Il est impossible de fixer une proportion universelle entre facteurs innés et acquis, car elle dépend du contexte. Les mécanismes épigénétiques permettent à l'environnement de modifier la manière dont les gènes agissent sur le cerveau et le corps, ce qui complique encore la distinction.

Un développement cérébral prolongé

Il est certain que l'être humain est programmé pour apprendre, naissant en quelque sorte « inachevé », particularité propre à l'espèce. Le développement du cerveau s'étend sur vingt à vingt-cinq ans, voire trente ans selon certaines données récentes. Cette longue durée offre d'immenses possibilités, car le cerveau est particulièrement plastique.

Une influence précoce de l'environnement

Ce développement est influencé très tôt par l'environnement, y compris in utero. Les facteurs environnementaux peuvent influer de manière significative sur l'apprentissage. Dans les milieux sociaux défavorisés, les enfants subissent souvent un stress chronique plus important et dorment moins bien, en raison de logements surpeuplés ou mal isolés.

L'impact des vagues de chaleur

Cela a été observé cet été lors des vagues de chaleur, où la vie quotidienne est devenue insupportable pour les habitants de logements mal isolés thermiquement, touchant en premier lieu les plus jeunes. Certains environnements offrent moins de stimulations quotidiennes et de richesse cognitive, ce qui peut affecter le développement du cerveau.