Le cas des réseaux sociaux a devenu familier, avec des préoccupations liées à leur capacité à augmenter la solitude, à diviser les gens en groupes idéologiques et à créer des chambres d'écho où les individus ne s'interagissent qu'avec ceux qui partagent leurs opinions. Un pédiatre et chercheur de l'Université de Pennsylvanie a noté que si les effets de cette dépendance sont bien documentés, la cause sous-jacente reste moins claire. Le chercheur affirme que notre dépendance aux réseaux sociaux crée une sorte de "maladie de carence" – non pas à cause de quelque chose de nuisible consommé, mais à cause de quelque chose que nos vies en ligne nous ont empêchés de recevoir : une interaction sociale significative, en personne. Cette idée est venue du temps passé à Harford Park à Wayne, en Pennsylvanie, un parc pour chiens de 30 acres établi en 1997, sans laisse. Le parc est devenu un lieu de rencontre pour les habitués, y compris le chercheur, qui y vient souvent. Ces interactions, bien qu'elles ne soient pas toujours profondes ou formelles, favorisent un sentiment de communauté et d'expérience partagée. Le chercheur décrit le parc comme similaire à un bar de quartier, où les habitués développent une familiarité et des blagues courantes, même s'ils diffèrent sur des sujets tels que les restaurants préférés, le revenu, l'âge ou les valeurs. Le sociologue Ray Oldenburg a désigné ces espaces comme des « tiers lieux » – des lieux informels et volontaires de rassemblement en dehors du domicile et du travail, comme les pubs ou les magasins locaux. Ces lieux ont connu une diminution, mais les parcs pour chiens sans laisse ont connu une croissance rapide au cours des deux dernières décennies. Une étude publiée dans le Journal of Urban Affairs a trouvé que les utilisateurs de parcs pour chiens rapportaient souvent des connexions sociales plus fortes et un sentiment accru d'unité communautaire. Le chercheur souligne que la valeur de ces espaces réside dans les interactions non planifiées qu'ils encouragent. Ces rencontres peuvent réduire la préjugée et augmenter l'empathie, comme l'a montré une méta-analyse de 515 études par Thomas Pettigrew et Linda Tropp. Leur recherche suggère que le contact entre différents groupes aide à réduire l'anxiété et à augmenter la compréhension, même sans une connaissance approfondie des croyances de l'autre groupe. À l'inverse, le chercheur met en lumière les limites des interactions en ligne. L'exposition à des points de vue opposés sur les réseaux sociaux ne se traduit pas par une engagement réel en face à face. Dans une expérience, le sociologue Christopher Bail et ses collègues ont trouvé que les Républicains qui suivaient des bots représentant des points de vue opposés sur Twitter devenaient plus conservateurs, tandis que les Démocrates se déplaçaient légèrement à gauche, mais pas de façon significative. Cela suggère que l'exposition en ligne ne conduit pas au même niveau de compréhension ou de tolérance que l'interaction en personne. Le chercheur affirme que le passage des communautés basées sur la géographie à celles formées par des algorithmes peut lentement augmenter la tolérance et le méfiance. Bien qu'il y ait une croissance de la recherche sur les réseaux sociaux et l'anxiété, peu d'entre elles traitent le manque d'interaction en personne comme un problème de santé. Le chercheur note que les plateformes sociales sont devenues des experts dans la création d'une homogénéité sélective, classant les gens selon leurs intérêts, identités et griefs, ce qui rend facile de rester parmi des gens qui se sentent familiers. Ce phénomène est comparé aux développements suburbains post-guerre connus sous le nom de Levittowns, où des maisons identiques ont été construites sur des terres agricoles et vendues à des acheteurs qui étaient souvent évalués en fonction du prix. Ces communautés avaient des règles strictes, comme l'interdiction des familles noires. Le chercheur fait un parallèle avec le tri algorithmique qui est devenu courant à l'ère numérique. À l'inverse, des contacts répétés, de faible enjeu, en personne – comme les interactions entre habitués d'un parc pour chiens ou d'un bar de quartier – créent un espace pour la tolérance et la confiance. Les gens reviennent, remarquent quand d'autres sont absents, et partagent leur attention autour d'une tâche, d'un lieu ou d'un chien, plutôt que de se concentrer sur la présentation d'eux-mêmes ou la défense d'une position. Le chercheur conclut que les maladies de carence sont facilement traitables – elles n'exigent pas l'élimination de quelque chose, mais l'ajout de quelque chose d'autre : une connexion sociale significative en personne.