Le domaine internet .su, enregistré avant la dissolution de l'URSS, existe toujours sous gestion russe, témoin numérique d'une époque révolue.
L'héritage internet de l'URSS perdure
Un pays peut disparaître de la carte sans que son adresse internet disparaisse pour autant. L'URSS s'est effondrée à la fin de 1991, mais son extension web, le .su, existe toujours. Qui plus est, elle accepte encore de nouvelles inscriptions, gérées depuis Moscou, dans une anomalie numérique qui a traversé trois décennies d'histoire sans que personne n'ose vraiment y toucher.Origines du domaine .su
Le domaine .su a été enregistré le 19 septembre 1990, quinze mois avant la dissolution officielle de l'URSS le 26 décembre 1991. Bien que l'ICANN ait jugé en 2022 que l'URSS n'était pas admissible à un domaine de premier niveau géographique, aucun calendrier ferme de suppression n'a été fixé, et la suppression annoncée d'ici 2030 reste incertaine.Vide juridique et statut protégé
Le code SU a disparu de la norme ISO 3166-1 en 1992, celle qui répertorie officiellement les pays du monde, mais aucune procédure de suppression du domaine internet n'a été lancée à l'époque. Un vide juridique s'est installé, et il a duré bien plus longtemps que prévu. Cette ambiguïté administrative aurait pu ne durer que quelques années avant un nettoyage logique. Au lieu de cela, le domaine a bénéficié d'un véritable coup de pouce réglementaire.Évolutions récentes et incertitude
En 2022, lors du forum public de l'ICANN 73, son président Martin Botterman a déclaré que l'URSS n'était plus considérée comme éligible à un ccTLD. En 2025, PTI a envoyé une lettre privée à l'administrateur du domaine concernant une suppression prévue d'ici 2030. Toutefois, le responsable de l'ICANN a précisé qu'aucun calendrier ferme n'existait pour l'avis formel de suppression, laissant l'avenir du domaine incertain.Contrôle russe et utilisation continue
Géré depuis 2020 par l'ANO RosNIIROS sous l'autorité de Roskomnadzor, le .su reste pleinement actif, avec environ 100 000 domaines enregistrés. Il est désormais soumis, comme le .ru et le .рф, à l'identification obligatoire des titulaires via le portail Gosuslugi. La Russie semble renforcer son emprise administrative sur cette extension plutôt que de la laisser lui échapper. Depuis le 1er septembre 2026, l'identification obligatoire des titulaires de domaines .ru, .рф et désormais .su est mise en œuvre en Russie via le portail d'État Gosuslugi.