Un pilote vole sous un monument parisien

Le 7 août 1919, Charles Godefroy, ancien instructeur d'aviation militaire, a fait passer un biplan Nieuport sous l'arche de l'Arc de Triomphe à Paris. Ce vol audacieux était une protestation contre un ordre qui obligeait les pilotes à défiler à pied lors du défilé du 14 juillet 1919, où ils avaient été présentés comme des fantassins, sans leurs avions.

Un vol exigeant des calculs précis

L'ouverture de l'Arc de Triomphe mesure 14,6 mètres entre les piliers, et l'envergure du biplan est de 8,2 mètres. La manœuvre exigeait des calculs précis, avec une marge de 3,2 mètres de chaque côté de l'envergure afin d'éviter que l'avion ne heurte la structure.

Godefroy remplace un pilote disparu

Godefroy, qui totalisait 500 heures de vol et était crédité de six victoires aériennes, a pris la place de Jean Navarre, un as de l'aviation mort à l'entraînement plus tôt cette année-là. Pour se préparer au vol, Godefroy s'est entraîné à la manœuvre sous un pont et a effectué des essais sur le pont du Petit Rhône, à Miramas.

Détails et conditions du vol

Il a décollé à 7 h 20 de l'aérodrome de Villacoublay, malgré un léger brouillard, à bord d'un Nieuport surnommé « Bébé ». Il a tourné deux fois autour de l'Arc avant de s'élancer et a survolé la porte Maillot et l'avenue de la Grande-Armée avant de se diriger vers l'Arc. Le vol, filmé et ayant eu un retentissement mondial, s'est déroulé sans incident.

Réactions du public et suites

La presse parisienne a largement couvert l'événement, certains journaux le qualifiant d'« acte insensé » et d'autres d'« exploit inutile ». Godefroy n'a pas été sanctionné pour ce vol, et une plaque commémorative a été installée plus tard dans sa ville natale, La Flèche. Les détails du vol, comme le modèle précis du Nieuport et la vitesse exacte, varient selon les sources, mais la date, l'heure du décollage et les deux dimensions clés restent constants.