Vincent Bouget, maire de Nîmes et président de Nîmes Métropole, a lancé une stratégie économique axée sur le renforcement du développement local et l’alignement politique avec la région Occitanie. Lors d’un événement qu’il a baptisé son « retour économique », Bouget a mis en avant une approche dite de développement « endogène », qui privilégie le soutien aux entreprises locales existantes plutôt que l’attraction de nouvelles venues d’ailleurs. Cette stratégie s’inscrit dans la lignée de Jalil Benabdillah, vice-président du Conseil régional d’Occitanie chargé du développement économique, qui supervisera l’étude initiale pour une nouvelle agence de développement économique. Cette agence devrait entrer en fonction début 2027 et ne devrait créer qu’un nombre limité de nouveaux postes. Olivier Fabregoul, autre vice-président en charge du développement économique, a souligné l’importance de garantir un « retour sur investissement maîtrisé », insistant sur la nécessité d’une gestion rigoureuse des dépenses publiques. Bouget hérite de plusieurs défis complexes, dont l’aéroport Magna Porta et la zone d’activité économique de Nîmes Sud. Il a suggéré que le périmètre autour de Magna Porta pourrait être réduit, tandis que Nîmes Sud dépend fortement des financements de l’État. Il a également exprimé des doutes quant à la viabilité d’un projet de data center précédemment proposé par son prédécesseur, Franck Proust. Ces choix reflètent l’attention que Bouget porte à la gestion des actifs existants et à leur pérennité. Parallèlement à ces enjeux, Bouget ambitionne de positionner Nîmes comme capitale européenne de l’économie sociale et solidaire. Cela passe par le soutien aux entreprises coopératives, l’aide à l’accès au foncier et la création d’une école coopérative portant le nom de Charles Gide. La gestion des halles de marché locales pourrait être transférée à une SCIC (Société coopérative d’intérêt collectif), une forme d’organisation coopérative œuvrant pour l’intérêt général. Bouget prévoit également la mise en place d’une conférence économique et sociale afin de maintenir un dialogue régulier avec les entreprises locales et de veiller à ce que leurs besoins soient pris en compte dans les décisions politiques. Nîmes Métropole compte environ 26 070 établissements, dont 9 770 employeurs, soit 37 % du total. Près des deux tiers de ces entreprises n’ont aucun salarié, et 60 % sont implantées dans la ville de Nîmes même. L’économie locale est fortement tirée par les services commerciaux et non commerciaux, qui représentaient 86 % des 107 269 emplois recensés en 2022. Le secteur privé offre 67 090 emplois salariés, majoritairement dans les services (60 %) et le commerce (24 %), et seulement 7 % dans l’industrie. Cette structure souligne l’importance des activités orientées vers les services dans le paysage économique de la région.