Une plainte a été déposée par un groupe de familles contre la Ville de Paris et plusieurs de ses responsables, dont l’actuel maire Emmanuel Grégoire et l’ancienne maire Anne Hidalgo, pour des allégations de violences et d’agressions sexuelles commises contre des enfants dans les structures périscolaires de la capitale. Les familles, dont les enfants fréquentent des écoles situées dans les IXe, XIe et XVe arrondissements, demandent à la justice d’enquêter sur l’éventuelle connaissance de ces problèmes par les responsables municipaux et leur inaction présumée. La plainte, annoncée par un collectif d’avocats incluant Maxime Delacarte, Elise Le Gall, Julia Basile et Kathleen Taieb, a été déposée vendredi au parquet de Paris. Elle vise notamment l’ancienne maire Anne Hidalgo (2014–2026), le maire actuel Emmanuel Grégoire, en poste depuis mars 2026, ainsi que Patrick Bloche, ancien adjoint au maire chargé des affaires scolaires et premier adjoint d’Anne Hidalgo jusqu’en 2026. Cette démarche judiciaire se distingue des autres procédures déjà engagées contre des animateurs suspectés d’avoir abusé sexuellement d’enfants. Elle cible en effet la Ville de Paris et ses responsables en tant qu’"organisateurs et gestionnaires du temps périscolaire" dans les écoles primaires. La plainte évoque des chefs d’accusation tels que la mise en danger délibérée d’autrui, la non-assistance à personne en danger et la non-dénonciation de faits impliquant des mineurs, dont certains n’avaient que deux à quatre ans. Selon les plaignants, la Ville de Paris et les responsables du Département des affaires scolaires (Dasco) étaient au courant des dysfonctionnements, certains signalements familiaux ayant été "conservés en interne", et de "signaux d’alerte documentés sur le long terme", sans que les mesures nécessaires ne soient prises, comme la suspension des personnels concernés, l’information des familles ou le signalement aux autorités judiciaires. Les plaignants estiment que les responsables municipaux avaient conscience de la "dimension systémique du danger", notamment depuis le printemps 2025, lorsque les premiers cas ont été portés à leur connaissance. Emmanuel Grégoire, qui fut pendant dix ans le premier adjoint d’Anne Hidalgo, a quitté l’Hôtel de Ville à l’été 2024 pour devenir député. Le nombre d’animateurs suspendus par la Ville pour des faits de violences sexuelles – 20 en 2025 et 52 depuis le début de l’année 2026 – laisse supposer que les plus hautes instances de l’exécutif municipal étaient informées de l’ampleur et de la récurrence du phénomène. Les responsables de la Ville, selon les plaignants, ne pouvaient ignorer "la réalité et la gravité du risque" et auraient dû "mettre en place sans délai des mesures de protection". Barka Zerouali, porte-parole de l’association MeTooEcole, a déclaré que, au-delà des cas individuels, ces faits révèlent une "omerta systémique qui s’est installée au sein de la Ville de Paris". Cette action en justice met en lumière les lacunes dans la gestion et le contrôle des structures périscolaires et interroge sur la transparence et la responsabilité des élus municipaux face à des allégations graves concernant leurs agents.