La France fait face à la hausse des rendements obligataires et à l'incertitude politique, les investisseurs doutant de sa capacité à réduire ses déficits sur fond de tensions sociales et d'élections à venir.
Les rendements obligataires français atteignent de nouveaux sommets
Le rendement de l'obligation d'État française à dix ans a atteint 5,01 % mercredi, son niveau le plus élevé depuis 2002, sous l'effet des inquiétudes croissantes quant à la capacité du gouvernement à réduire le déficit public dans un climat de tensions sociales.La France désormais plus chère à emprunter que ses voisins
Le coût d'emprunt de la France a dépassé celui de l'Italie et de l'Espagne : son taux à dix ans s'établit à 5,01 %, contre 4,57 % pour l'Italie et 4,07 % pour l'Espagne. L'écart avec l'Allemagne, référence de la zone euro, s'est creusé à 1,59 point, son niveau le plus élevé depuis 2011.Les experts de marché expriment leurs doutes sur la stabilité de la France
Andrea Tueni, de Saxo Banque France, affirme qu'il existe un « manque de confiance assez net » envers le gouvernement, tandis que Timothée Pubellier, d'Ostrum AM, souligne que les récentes manifestations et violences ont renforcé les doutes quant à la capacité du gouvernement à mettre en œuvre les économies nécessaires.La réputation internationale de la France en souffrance
Mike O'Sullivan, de Moonfare, estime que les émeutes du week-end ont porté atteinte à la réputation internationale de la France. Ces tensions s'ajoutent aux difficultés budgétaires et à l'élection présidentielle de 2027, qui pourrait compliquer davantage la conduite des affaires publiques.Le gouvernement veut réduire le déficit mais se heurte à des obstacles
Le gouvernement prévoit de mettre en œuvre 43 milliards d'euros de mesures pour ramener le déficit public à 5 % du PIB l'an prochain. Toutefois, avec un Parlement divisé, l'adoption du budget devrait s'avérer difficile.Un assainissement budgétaire jugé peu probable
Un assainissement budgétaire, seul moyen de restaurer la confiance des marchés, semble peu probable selon UBP, qui estime qu'il pourrait ne pas intervenir avant l'élection présidentielle de mai 2027. La banque met en garde : la situation pourrait s'aggraver avant de s'améliorer.Moody's réexamine la note de crédit de la France
Le prochain moment clé pour la dette française sera vendredi, date à laquelle Moody's réexaminera la notation souveraine du pays. Actuellement notée Aa3 avec des perspectives négatives, une dégradation pourrait renchérir le coût du financement de l'État.Les prix de l'énergie et les anticipations d'inflation ajoutent à la pression
La hausse des prix de l'énergie alimente les anticipations d'inflation et les craintes d'une hausse des taux d'intérêt de la Banque centrale européenne, ce qui contribue à la progression des rendements obligataires et accentue l'incertitude qui pèse sur les perspectives économiques de la France.