La Ville de Genève et six communes voisines ont demandé l’arrêt immédiat des travaux de construction de l’autoroute A412 entre Machilly et Thonon-les-Bains. Cette infrastructure, qui traverserait le Chablais en Haute-Savoie, suscite l’opposition des autorités locales, inquiètes de ses impacts environnementaux et sociaux. Mercredi 7 octobre, le Conseil administratif de Genève a annoncé avoir engagé une procédure juridique pour suspendre la réalisation du tronçon Machilly-Thonon. Cette initiative fait suite à un recours déjà déposé en France contre l’autorisation environnementale accordée au projet. Six communes — Choulex, Presinge, Gy, Puplinge, Vandoeuvres et Lancy — soutiennent la position de la Ville. Le conseiller administratif Alfonso Gomez a évoqué des préoccupations liées à la protection de la biodiversité, citant en exemple l’avis du Conseil national pour la protection de la nature, qui met en garde contre des impacts environnementaux majeurs et des mesures de compensation insuffisantes. Genève craint également que l’autoroute ne favorise l’augmentation du trafic automobile, alors que le Léman Express, un service ferroviaire régional, est déjà en service dans la région. Selon Le Dauphiné libéré, cette démarche visant à bloquer le projet n’est pas une surprise et revêt surtout une dimension symbolique. Les opposants français avaient déjà engagé une procédure d’urgence, permettant aux tribunaux de statuer sur la poursuite des travaux en attendant l’examen du recours principal. Une audience est prévue le 14 octobre devant la Cour administrative d’appel de Lyon. Entre-temps, les travaux de construction ont déjà commencé. Ils ont démarré en septembre, après avoir été autorisés par Jérôme Bonet, le préfet de Haute-Savoie. Les militants tentent de plus en plus de bloquer l’abattage des arbres sur le chantier. Mercredi, France Nature Environnement, une association de défense de l’environnement, a déposé un signalement au parquet, accusant les responsables de mettre en danger des militants installés dans les arbres pour empêcher les coupes. Le projet d’autoroute A412, initialement baptisé A400, a une longue histoire. Initialement conçu pour relier Annemasse à Thonon-les-Bains sur 35 kilomètres, il a été réduit à un tronçon de 16,5 kilomètres entre Machilly et Thonon-les-Bains. Il avait reçu un avis défavorable d’une commission d’enquête en 1994, mais avait été déclaré d’utilité publique en 1995. Une nouvelle enquête en 2018 a conduit à une nouvelle déclaration d’utilité publique à la fin de l’année 2019. Ce projet est porté conjointement par l’État, le maître d’ouvrage et la concessionnaire Amedea. Il prévoit la construction d’une autoroute à 2x2 voies sur 16,5 kilomètres, traversant douze communes du Chablais. Son objectif affiché est d’améliorer la desserte entre le Chablais, l’agglomération d’Annemasse, la région genevoise de l’emploi et l’autoroute A40. Le coût du projet est estimé à 315 millions d’euros et, selon Eiffage, sera entièrement financé sans recourir à l’argent public. Il intégrera un système de péage sans barrière pour fluidifier le trafic. Malgré l’opposition, l’ouverture de l’autoroute reste prévue pour janvier 2029.