Monique Barbut, ministre française de la Transition écologique, a fait le bilan de l’été 2026, le plus chaud jamais enregistré depuis le début des mesures en 1900, avec une température moyenne de 24 °C — soit 3,6 °C au-dessus de la moyenne 1991-2020. Cet été a été marqué par des vagues de chaleur extrêmes, avec 45 % du territoire national ayant connu au moins une fois des températures dépassant 40 °C. Trois vagues de chaleur majeures ont duré au total 53 jours, contre 33 en 2022. En plus de la chaleur, cet été a été le deuxième plus sec depuis 1959, avec près de 40 % de précipitations en moins par rapport à la normale. Les zones côtières ont enregistré des températures record en surface, et 74 jours consécutifs ont vu au moins un département placé en risque élevé d’incendie de forêt. Enfin, cet été a également été le plus ensoleillé jamais mesuré, avec plus de 20 % de soleil en plus par rapport à la moyenne, un record partagé avec 1949. Barbut a reconnu les conditions difficiles auxquelles la population a été confrontée pendant l’été, évoquant notamment la perte de quatre pompiers et l’engagement sans faille des soignants, des agriculteurs et des élus locaux. Elle a appelé à une « France solidaire » face à cette crise. Selon Météo-France, ces températures extrêmes auraient été « presque impossibles » sans le changement climatique d’origine humaine, avec des températures environ 5 °C plus élevées que celles d’un été moyen de l’ère préindustrielle. Dans un scénario où le réchauffement climatique atteindrait +4 °C, un tel été pourrait devenir la norme. Barbut a souligné que cet été est arrivé plus tôt que prévu et a pris de nombreux acteurs au dépourvu. Elle a insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas de répéter les mêmes conditions l’année prochaine, mais de se préparer à un climat en mutation. Elle a présenté un plan d’investissement sur cinq ans axé sur des mesures comme la rénovation des écoles, l’adaptation des calendriers d’examens, l’amélioration de l’accès des pompiers aux zones boisées et la diversification des espèces forestières pour réduire leur vulnérabilité. Elle a appelé à ce que chaque euro investi soit aligné sur la réalité du changement climatique et a plaidé pour la mobilisation de l’épargne des Français afin de soutenir ces efforts. Barbut a également mis en avant la nécessité de repenser l’ensemble de l’économie française, en prenant l’été comme exemple concret des défis à venir. Elle a cité l’exemple de certaines usines de puces électroniques contraintes de fermer en raison de pénuries d’eau. Elle a prévenu que l’adaptation ne doit pas se substituer à la réduction des émissions de carbone et a rappelé que l’action climatique ne doit pas être éclipsée par les efforts d’ajustement aux nouvelles conditions. Cependant, elle a reconnu que le gouvernement dont elle fait partie peut parfois manquer de cohérence, comme en témoigne l’approbation du projet de l’autoroute A412, qui implique la destruction de 180 hectares de forêt. La chaleur revient avant la mi-septembre, avec des températures attendues entre 36 et 38 °C dans des départements comme le Gard et l’Hérault. Cela montre que les défis posés par le changement climatique sont loin d’être terminés et que la nécessité d’une action soutenue et coordonnée reste plus urgente que jamais.