Présentation du projet et objectifs

Le projet RegHYnu prévoit la production d'hydrogène vert à partir d'une centrale photovoltaïque flottante qui pourrait être installée sur le barrage de Codole, dans la vallée de la Reginu. L'initiative vise à produire localement de l'énergie renouvelable, à la stocker sous forme d'hydrogène et à la acheminer vers différents lieux de consommation, notamment pour alimenter les trains des Chemins de fer de la Corse.

Un soutien public en progression

Ce projet n'est pas nouveau, mais Acquasole lui a donné une nouvelle dimension grâce à une pétition citoyenne lancée après des années de démarches auprès d'élus et de décideurs. La pétition a dépassé les 1 000 signatures, avec une dizaine à une quinzaine de nouvelles signatures par jour, ce qui témoigne d'un soutien public grandissant.

Un emplacement stratégique et des avantages environnementaux

Bertrand Ciavaldini, spécialiste de l'hydrogène, souligne que le barrage de Codole constitue un site stratégique en raison de sa faible profondeur, de son exposition au soleil et au vent, ainsi que des problèmes d'évaporation et de cyanobactéries. Les panneaux photovoltaïques flottants pourraient limiter nettement ces phénomènes.

Production d'énergie et atouts en matière d'infrastructures

Le projet prévoit de couvrir environ 30 hectares sur les 80 hectares de la retenue, avec une production électrique annuelle estimée à 42 GWh. Acquasole estime que l'installation pourrait permettre d'économiser près d'un million de mètres cubes d'eau par an, soit l'équivalent d'une surélévation du barrage de près d'un mètre. Ces estimations devront toutefois être confirmées par des études hydrologiques et environnementales.

Proximité des infrastructures et stratégie énergétique

La proximité des infrastructures existantes, notamment des lignes électriques et de la voie ferrée, est présentée comme un atout pour déployer le projet à plus grande échelle. La gare de Reginu pourrait accueillir une unité de production d'hydrogène, le chemin de fer facilitant l'acheminement vers différents points de consommation.

Besoins énergétiques et économies

L'association met en garde contre une forte hausse possible des besoins en électricité de la Corse, liée à la mobilité électrique, à la croissance démographique et à de nouveaux usages, ce qui viendrait aggraver un système énergétique déjà sous tension. L'une des principales applications envisagées est la modernisation des Chemins de fer de la Corse grâce à des trains à hydrogène, qui pourraient réduire les coûts d'exploitation de 30 % par rapport au diesel et de 50 % par rapport aux solutions électriques classiques.

Potentiel économique et emploi

Le projet pourrait générer jusqu'à 200 emplois directs, avec des débouchés pour les étudiants de l'Université de Corse et de Paoli Tech. Des équipes locales pourraient être constituées pour la transformation et la maintenance du matériel ferroviaire, et les compétences acquises pourraient être étendues à d'autres équipements fonctionnant à l'hydrogène sur l'île.

Exemples étrangers et discussions prévues

Bertrand Ciavaldini souligne que plusieurs pays ont déjà mis en œuvre des projets de trains à hydrogène, ce qui témoigne de la maturité de la technologie. L'initiative prévoit également une réunion le 12 novembre pour discuter du projet et de ses implications plus larges, notamment la création d'un mouvement dédié à une architecture sobre et créative.

Faisabilité et influence de l'opinion publique

Si la faisabilité du projet, son impact environnemental et ses aspects techniques restent à résoudre, l'association insiste sur la nécessité que l'opinion publique influe sur les décisions politiques. Les chiffres avancés en matière d'emploi, d'économies d'eau et de coûts d'exploitation sont des projections établies par les porteurs du projet.