Le rejet de la première proposition de la NBA, mardi 6 octobre à Cernobbio, a mis en lumière les divisions parmi les 13 propriétaires des Euroleague Commercial Assets (ECA). Si tous ont jugé l’offre actuelle inacceptable, les avis divergent quant aux prochaines étapes du projet NBA Europe. L’ECA est un groupe qui gère les droits commerciaux de l’EuroLeague, une compétition européenne de basket-ball de haut niveau. La réunion de Cernobbio visait à discuter de l’avenir de la ligue et de son éventuelle intégration avec la NBA, principale ligue de basket-ball aux États-Unis. D’un côté, le Real Madrid, le Panathinaïkos, l’ASVEL et Fenerbahçe figurent parmi les clubs favorables à la poursuite des discussions, espérant obtenir de meilleures conditions économiques et de gouvernance. De l’autre, l’Olympiacos, le FC Barcelone et plusieurs autres actionnaires ont adopté une position bien plus ferme. Cette opposition interne explique aussi pourquoi l’EuroLeague avance prudemment sur son propre projet d’expansion, dont les décisions finales ne sont pas encore arrêtées. Selon plusieurs sources concordantes, le Real Madrid, le Panathinaïkos et Fenerbahçe ont défendu l’idée de maintenir les négociations ouvertes. Le Real Madrid aurait demandé une période d’environ 30 jours pour permettre à la NBA de présenter une nouvelle proposition. Cette tendance considère donc la réunion de Cernobbio moins comme la fin d’une négociation que comme le rejet d’une première base de travail. À l’inverse, l’Olympiacos s’est illustré parmi les plus opposés aux conditions proposées. L’Olimpia Milan et le Baskonia sont également cités parmi les clubs particulièrement réticents, tandis que le FC Barcelone aurait jugé la proposition économique très insuffisante. Le terme « colonialiste » a même été employé lors des discussions pour décrire l’offre américaine. Les critiques portaient autant sur sa dimension financière que sur le partage du pouvoir envisagé dans la future structure. Ces divergences dépassent désormais les murs de la salle de réunion. Dimitris Giannakopoulos, propriétaire du Panathinaïkos, a publié plusieurs messages offensants sur Instagram mercredi. Il estime que l’arrivée de la NBA doit au moins être sérieusement envisagée et a directement visé les clubs les plus hostiles au projet. Des positions comme celles de l’Olympiakos aujourd’hui et de certaines autres équipes ne montrent aucun intérêt pour le développement du basket-ball, a-t-il écrit, ajoutant que le basket n’est pas un jouet pour les riches. Dans un autre message, Giannakopoulos a affirmé que les clubs hostiles à l’ouverture vers la NBA pouvaient soit se satisfaire du fonctionnement actuel de l’EuroLeague, soit craindre de ne pas être retenus dans une future organisation. Cette prise de position est importante : elle montre qu’un club historique comme le Panathinaïkos ne souhaite pas simplement préserver le système existant, mais envisage sérieusement une évolution du modèle si les conditions proposées deviennent suffisamment attractives. Un autre point révélateur concerne l’expansion. L’EuroLeague a officiellement annoncé son intention de poursuivre le processus d’augmentation du nombre de franchises. Pourtant, contrairement à ce que pourrait suggérer la communication, aucune décision définitive n’a été prise mardi concernant le passage de 20 à 24 équipes. Ce délai n’est pas anodin. La proposition de la NBA était en effet particulièrement liée au maintien de la structure actuelle autour des 13 clubs actionnaires et à la suspension de l’expansion prévue par l’EuroLeague. Les décisions concernant l’attribution des licences à long terme devraient intervenir dans le mois. D’ici là, une nouvelle proposition de la NBA pourrait encore modifier la donne. L’EuroLeague se trouve ainsi dans une position intermédiaire : elle continue de préparer son avenir tout en évitant de prendre une décision immédiate qui rendrait un accord avec la NBA bien plus difficile.