Les opposants à l’autoroute Castres-Toulouse, dite A69, prévoient une nouvelle manifestation ce week-end, à quelques jours seulement de l’annonce par le concessionnaire NGE-Atosca de l’ouverture de la route. Le préfet du Tarn, Simon Bertoux, a pris plusieurs arrêtés pour encadrer la situation, invoquant des craintes pour la sécurité et l’ordre publics. Les organisateurs de la contestation, regroupés sous le nom « La Dé-Fête », reconnaissent que le Conseil d’État a définitivement validé le projet A69 cet été et que le concessionnaire vise une ouverture le 15 octobre. Cette date reste cependant incertaine, et beaucoup estiment que l’infrastructure ne sera pas prête à temps. Les détracteurs dénoncent une ouverture qui, selon eux, relève d’un « autoritarisme d’État ». Les organisateurs appellent à rejoindre la mobilisation tous les opposants à l’autoroute, y compris ceux qui ont déjà incendié des chantiers, qualifiant l’événement de partie prenante d’un mouvement plus large contre les nuisances écologiques et sociales, ainsi que contre ce qu’ils qualifient d’« idées fascistes ». Le rassemblement s’articulera autour de concerts tout au long du week-end et d’un convoi à vélo présenté comme l’« inauguration de la première piste cyclable à 2x2 voies ». Cette initiative pourrait conduire des cyclistes à emprunter l’autoroute, bien que les rassemblements y soient généralement interdits du côté tarnais de l’infrastructure. Face à cette mobilisation annoncée, le premier arrêté préfectoral interdit toute manifestation, rassemblement ou assemblée en lien avec la contestation autour de l’A69, ainsi que dans un rayon de 200 mètres autour de la route, du jeudi 8 octobre à 8 heures au lundi 12 octobre à 20 heures. Dix-sept communes du Tarn sont concernées, allant de Teulat à Castres. L’arrêté exclut également plusieurs sites sensibles, dont le secteur autour du siège d’Atosca à Puylaurens, un site industriel de la même commune, une réserve botanique entre Soual et Cambounet-sur-le-Sor, ainsi qu’un site du parc industriel de la Chartreuse à Castres. Un second arrêté interdit le port et le transport d’armes, ainsi que la dissimulation du visage. Le préfet du Tarn a également prolongé jusqu’au 1er novembre 2026 l’interdiction des rassemblements musicaux non déclarés dans le département. Cette mesure coïncide avec les concerts prévus dans le cadre de « La Dé-Fête », ce qui soulève des questions sur leur éventuelle déclaration officielle et sur l’application de l’arrêté. La préfecture justifie ses décisions par un risque de « troubles graves à l’ordre public », en s’appuyant sur des précédents comme les dégradations, incendies, affrontements avec les forces de l’ordre et blocages routiers lors du rassemblement « Ramdam sur le macadam » en octobre 2023, de la mobilisation à Puylaurens en juin 2024, ou encore de l’événement « Turboteuf », interdit en juillet 2025. Un important dispositif de sécurité sera déployé ce week-end, avec un renfort du ministère de l’Intérieur. Le collectif « La Voie est libre », opposé à l’autoroute, a réagi avec ironie aux arrêtés, affirmant que toute manifestation pacifique contre l’A69 constitue un « salut public ». Il a également annoncé que certains responsables favorables au projet ne pourront pas s’approcher à moins de 200 mètres du Tarn. Par ailleurs, le groupe a classé Extinction Rebellion et les Soulèvements de la Terre comme des mouvements « d’intérêt public majeur ».