Les installations de stockage de gaz en France sont remplies à 85 %, tandis qu’en Allemagne, elles ne le sont qu’à 59 %, selon des rapports récents. L’Organisation européenne des gestionnaires de réseau de transport de gaz (ENTSOG) a indiqué que, malgré ces niveaux historiquement bas, l’Union européenne reste en mesure de répondre à la demande hivernale. Au 1er octobre, le stockage souterrain de gaz en Europe était rempli à 72 %, un niveau qualifié d’« historiquement bas » par ENTSOG après une période de remplissage « difficile ». Cette situation est liée aux perturbations causées par la guerre en cours au Moyen-Orient, qui a affecté les marchés énergétiques mondiaux et les chaînes d’approvisionnement. Les niveaux de réserve varient considérablement d’un pays à l’autre : la France a rempli environ 85 % de sa capacité de stockage, contre seulement 59 % en Allemagne. ENTSOG encourage à poursuivre le remplissage des réserves et à surveiller étroitement les stocks. Malgré cela, l’organisation insiste sur le fait que les infrastructures gazières européennes restent « suffisamment flexibles pour répondre à la demande ». Les importations de gaz naturel liquéfié (GNL), c’est-à-dire du gaz naturel refroidi à l’état liquide pour faciliter son transport par bateau, peuvent « partiellement compenser les niveaux de stockage plus bas et contribuer à répondre à la demande hivernale ». Le maintien de livraisons importantes de GNL tout au long de l’hiver est donc « essentiel », selon le rapport. ENTSOG met en garde contre le risque que, si la disponibilité du GNL reste limitée, les réserves pourraient chuter significativement en dessous de 30 % d’ici la fin de l’hiver, augmentant la vulnérabilité du système en cas de vague de froid tardive. L’organisation souligne également les disparités régionales, notamment pour les pays enclavés d’Europe centrale et orientale ainsi que d’Europe du Sud-Est, qui pourraient rencontrer davantage de difficultés pour accéder à des volumes suffisants de GNL. Ces disparités pourraient entraîner des « prix de l’énergie potentiellement très élevés » durant les mois d’hiver. Fin septembre, la Commission européenne a souligné qu’il n’y avait « pas de risque immédiat pour la sécurité d’approvisionnement », mais que des « prix potentiellement très élevés » étaient attendus cet hiver en raison de la guerre au Moyen-Orient. Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, l’Europe cherche à réduire sa dépendance historique au gaz russe transporté par gazoducs. Elle s’est en partie tournée vers le GNL, acheminé par bateau, déchargé dans les ports, regazéifié puis injecté dans le réseau européen. Après les États-Unis (environ 60 %), auxquels l’UE est de plus en plus dépendante, la Russie reste le deuxième fournisseur de GNL, avec environ 17 % des importations européennes en 2026, en contradiction avec la politique annoncée par Bruxelles. L’Union européenne prévoit en effet d’interdire toutes les importations de gaz russe d’ici l’automne 2027 afin de priver Moscou des ressources finançant sa guerre en Ukraine.