Le fondateur et directeur artistique de Born Bad Records, un label musical qui fêtera ses 20 ans en 2026, est aussi un collectionneur passionné de films sur bobines. Cette passion lui a été transmise par son père, qui, dans les années 1970, avait récupéré un cinéma ambulant dans une brocante. Enfant, il regardait des dessins animés et des films à la manière des forains qui, à l’époque, faisaient le tour des villages pour projeter des actualités filmées. Après la mort de son père, il a hérité de son projecteur et d’une collection de bobines, un intérêt partagé avec ses frères et sœurs, qui collectionnent eux aussi des objets vintage comme des scooters, des motos et de vieilles voitures. Il a dû apprendre à utiliser le projecteur, monter les bobines, les réparer, et même créer des collages à partir des films. En moyenne, chaque film nécessite trois bobines, conservées dans des boîtes en métal.
À l’ère du tout numérique, certains s’interrogent sur l’utilité de consacrer autant d’espace dans leur maison à des collections physiques de films, qui tiendraient aisément sur une clé USB. La même question se pose pour leurs disques vinyles et leurs livres. Pourtant, ce collectionneur a toujours été attiré par l’accumulation d’objets, dès l’adolescence. Il a commencé à rassembler des films et des bobines lors de foires d’échanges, en contactant d’autres collectionneurs qui échangeaient des films en 16 mm. Cette passion est aussi liée à son incertitude quant à l’avenir de Born Bad Records, malgré son 20e anniversaire. Il a toujours envisagé une stratégie de sortie, et sa collection de films est devenue une sorte de plan B. Si le label devait cesser ses activités, il envisageait de revenir à la tradition du cinéma ambulant, en projetant des films dans les maisons de retraite et les Ehpad grâce à sa collection.
Projeter un film en 16 mm demande beaucoup de préparation et transforme l’expérience en un rituel. Cela fait du projectionniste une sorte de performeur, à l’image de ceux qui choisissent les platines vinyles pour retrouver un lien tactile avec la musique. Regarder un film, même s’il l’a déjà vu, devient une mini-épopée, avec le bruit mécanique du projecteur et les images tremblotantes, parfois instables, qui invitent à une contemplation. Les imperfections – les bobines qui sautent, les images marquées par l’usure – enrichissent l’expérience et renforcent l’envie de savourer les choses, tout en gardant le contrôle sur ce que l’on choisit de regarder ou d’écouter.
Parmi les films qu’il a le plus souvent projetés figure Blue Jeans (1958), un court-métrage de Jacques Rozier tourné à Cannes avec deux hommes sur une Vespa. Il est particulièrement fier de posséder une copie en 16 mm de La Maison des bois (1971), une série de Maurice Pialat, un réalisateur qu’il admire depuis longtemps. Il possède aussi une copie de Ni vu... ni connu... (1958) d’Yves Robert, premier film dans lequel Louis de Funès tient le rôle principal – cette copie appartenait autrefois à l’acteur lui-même. Il a également acquis deux exemplaires de Cœurs verts (1966) d’Édouard Luntz, un film qui compte beaucoup pour lui et pour Born Bad Records. Il évoquera ces collections et bien d’autres lors de l’événement organisé par Born Bad Records à Rock en Seine, à Saint-Cloud, le 29 août à 17 h 20. Puis, le 3 octobre, il sera au Théâtre du Châtelet à Paris pour célébrer les 20 ans de Born Bad Records avec des performances de Frustration, Gwendoline, Zombie Zombie, Star Feminine Band, Forever Pavot et Bryan’s Magic Tears.
Un collectionneur préserve le patrimoine cinématographique à l'ère numérique
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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