Des élèves et des professeurs à travers toute la France se joignent à un mouvement né dans les lycées, en réaction à des problèmes comme les violences policières et un gouvernement perçu comme sourd aux revendications de la jeunesse. Cela soulève des questions plus larges sur l’état de la démocratie dans le pays. Une image marquante des manifestations est la façade du lycée Gaston Bachelard, dans le 13e arrondissement de Paris, qui a été incendiée. Si certains y voient un acte de pyromanie, d’autres estiment qu’il s’agit d’une forme d’expression reflétant des préoccupations plus profondes, plutôt que de la barbarie. Ces actions sont interprétées comme un appel au changement et une remise en question de la gestion du président Macron ces dernières années. Les manifestations actuelles s’inscrivent dans la continuité de la répression du mouvement des Gilets jaunes et des révoltes persistantes dans les lycées et parmi les étudiants. La réponse du gouvernement est comparée au tableau Les Joueurs de skat d’Otto Dix, qui dépeint une galerie de visages brisés et défigurés – alors que la France n’est pas en guerre. La situation est comparée à un père alcoolique battant ses enfants, avec des élèves qui se soulèvent pour dénoncer des conditions d’enseignement déplorables, des bâtiments scolaires vétustes et un manque d’enseignants. Leur colère est jugée légitime, mais elle est ignorée et moquée. Derrière ces appels au changement se cache un malaise plus profond et une peur de l’avenir. Les jeunes Français accepteraient des conditions moins idéales s’ils avaient le sentiment d’une perspective, mais ils font face à des défis permanents. Être lycéen en France, c’est être jeune et constamment confronté à l’adversité. Autrefois, le pays était salué pour sa capacité à maintenir l’ordre tout en laissant une grande liberté de manifestation et d’expression de la colère. Aujourd’hui, les réponses incluent des coups, des mutilations avec des matraques et l’usage de grenades de désencerclement. Les forces de l’ordre sont désormais très présentes lors des rassemblements, arrêtant des manifestants et contrôlant la foule. Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, affirme que la jeunesse est de plus en plus violente, mais il est incapable de maîtriser ses hommes, perçus comme incarnant la force brute. La France serait en proie à une crise d’autoritarisme, décrite comme sourde, butée et plus sotte que jamais. Pendant ce temps, Sébastien Lecornu, le Premier ministre, rédige des courriers et élabore des feuilles de route qui ne mènent nulle part. Il y a vingt ans, Lecornu avait 20 ans, comme les étudiants d’aujourd’hui, et a vécu la mobilisation contre le Contrat première embauche (CPE). Ce moment a été fondateur pour de nombreux jeunes, façonnant leur socialisation et leur politisation. Ils ont découvert leur pouvoir de citoyens, développé un esprit critique et forgé leur pensée. Des personnalités comme Lecornu étaient alors visées par des jets de projectiles dans les amphithéâtres, inspirant le slogan : « Jeunes, vous êtes vieux, rejoignez l’UMP. » Aujourd’hui, la jeunesse serait privée de telles expériences, et le pouvoir en place est perçu comme abject et mortifère.