Les professionnels de santé en France présentent des taux de vaccination faibles contre la grippe et la Covid-19, malgré leur rôle essentiel en santé publique, selon des rapports récents.
Faible taux de vaccination chez les professionnels de santé
Les professionnels de santé présentent des taux de vaccination faibles contre la grippe et la Covid-19, malgré leur rôle dans les décisions de santé publique. Selon les rapports, la couverture vaccinale contre la grippe parmi eux est « en hausse et reste largement insuffisante », avec des taux de 20 % dans les établissements de santé et de 21 % dans les EHPAD pour la saison 2024-2025.Des taux de vaccination qui varient selon la profession
La couverture vaccinale varie fortement selon la profession. Dans les établissements de santé et les EHPAD, le taux est le plus élevé chez les médecins, puis « diminue successivement chez les sages-femmes, les infirmiers et les aides-soignants », selon la Haute Autorité de santé. La professeure Élisabeth Bouvet confirme cette tendance et souligne un « gradient professionnel de couverture vaccinale » constant au cours de la dernière décennie.Une couverture plus élevée en exercice libéral
En exercice libéral, « aucune donnée officielle issue des enquêtes nationales n'est disponible », mais « les enquêtes font état d'une couverture vaccinale plus élevée que dans les établissements, allant de 63 % à 86 % selon les groupes et les régions ». Ces taux doivent toutefois être considérés avec prudence, les données étant fondées « sur de petits échantillons ». Une étude a relevé qu'environ 71 % des infirmiers libéraux étaient vaccinés en 2018-2019.Les facteurs qui influencent la vaccination
Plusieurs facteurs influencent la couverture vaccinale, notamment la spécialité d'exercice, le genre et les antécédents de vaccination. La professeure Bouvet note que les soignants en réanimation ou en maternité sont davantage vaccinés, car ces services prennent en charge des populations à plus haut risque. Les hommes acceptent mieux la vaccination que les femmes, et les personnes ayant déjà eu une grippe sévère sont plus susceptibles de se faire vacciner.Des doutes sur l'efficacité des vaccins
Le manque d'efficacité du vaccin constitue une préoccupation majeure. Selon la Haute Autorité de santé, l'efficacité du vaccin contre la grippe varie entre 44 et 73 %, selon la concordance entre les souches en circulation et celles contenues dans le vaccin. Catherine Bouissou, infirmière et responsable syndicale, affirme que l'efficacité du vaccin sur la maladie et sur la transmission n'est pas démontrée, ce qui influe sur la volonté des soignants de se faire vacciner.La peur des effets indésirables
Un autre obstacle est la crainte des effets indésirables. Mme Bouissou réclame « une information sur leurs risques », en évoquant le manque de transparence concernant les risques associés au vaccin contre la Covid, qui a causé des décès et des effets secondaires graves dans certains cas. Elle souligne que la méfiance liée au développement rapide du vaccin a « figé » la situation.Le profil de sécurité des vaccins
La professeure Bouvet affirme que les vaccins contre la Covid-19 présentent un excellent profil de sécurité, avec un bilan bénéfice-risque très positif. Elle précise que, sur plusieurs dizaines de millions de personnes vaccinées en France, une vingtaine de décès ont été directement attribués au vaccin, liés à des thromboses très rares associées à certains types de vaccins, sans lien direct établi pour les vaccins à ARN messager.La polémique autour de l'obligation vaccinale
La question de l'obligation vaccinale reste un sujet de tension. Des aides-soignants syndiqués affirment que « l'histoire de l'obligation vaccinale rend la situation tendue », et que des obligations portant sur des vaccins peu efficaces alimentent les doutes des soignants.Le refus de vaccination comme expression d'un ressentiment
Le non-recours à la vaccination antigrippale semble traduire un ressentiment général envers les autorités. La professeure Bouvet note que « quelque chose s'est cristallisé autour de cette vaccination, notamment chez les paramédicaux », les aides-soignants et les infirmiers se mobilisant en raison d'un manque d'efficacité et d'une insatisfaction envers les autorités administratives et médicales.La formation pour lutter contre l'hésitation vaccinale
Pour lutter contre l'hésitation vaccinale, une revue de la littérature publiée en 2022 recommandait d'améliorer la formation à la vaccination dans le cursus des professionnels de santé. Le Conseil national de l'Ordre des infirmiers a également souligné la nécessité de renforcer la formation initiale et continue, en particulier sur l'hésitation vaccinale.Une amélioration pour d'autres vaccins
La couverture vaccinale contre la coqueluche et la rougeole chez les professionnels de santé a augmenté depuis 2010, bien que ces vaccins ne soient pas obligatoires. En 2019, la couverture était de 54 % pour la coqueluche et de 73 % pour la rougeole. Ces vaccins pourraient être mieux acceptés en raison de leur absence d'exigence annuelle et des populations à haut risque qu'ils protègent.Lutter contre la désinformation sur les vaccins
Le projet européen JitsuVAX, lancé en 2020, vise à lutter contre les fausses informations sur la vaccination. Il fournit des outils pour comprendre et contrer la désinformation sur les vaccins, notamment l'identification de 11 grandes raisons psychologiques qui poussent les gens à croire les fausses informations, ainsi que des conseils sur la manière de répondre à ces croyances. Le site du projet aide les professionnels de santé à mieux comprendre leur propre hésitation vaccinale.