Lorsqu’un enfant commence soudainement à refuser de dormir seul, cela peut être déroutant et stressant pour les parents. Ce changement peut se manifester par des demandes de l’enfant pour rester dans la chambre de ses parents, des rappels répétés pour qu’ils restent à proximité, voire une insistance pour partager leur lit. Bien qu’il soit tentant de trouver rapidement une solution pour retrouver des nuits paisibles, il est d’abord essentiel de comprendre ce qui a pu déclencher ce changement de comportement. Selon la psychologue Moune Haguenauer, la première étape consiste à s’interroger sur ce qui a pu changer dans la vie de l’enfant. Cela peut être lié à un cauchemar, une histoire particulièrement marquante, un changement familial, une période de séparation, ou même une étape naturelle de son développement. Toutes les situations où un enfant cherche davantage la présence parentale au moment du coucher ne sont pas nécessairement préoccupantes. Il est également important d’évaluer l’intensité et la durée de cette peur. Une période brève où l’enfant demande plus de réconfort n’est pas forcément alarmante. En revanche, si la peur persiste et affecte son comportement en journée, il peut être nécessaire d’approfondir la situation. L’objectif est de reconnaître la peur de l’enfant sans supprimer les limites qui l’aident à se sentir en sécurité. Moune Haguenauer propose une approche simple et efficace : « Je vois que tu as peur. Je suis là et je vais t’aider, mais tu vas dormir dans ton lit. » Cette phrase reconnaît les émotions de l’enfant tout en réaffirmant l’attente qu’il dorme dans son propre lit. Elle évite de donner l’impression que l’enfant doit partager le lit parental pour se sentir en sécurité. La manière dont les parents communiquent joue aussi un rôle clé. Rester calme, rassurant et affectueux, sans entrer dans de longues négociations, aide l’enfant à se sentir en sécurité. Si l’enfant continue de refuser de dormir à plusieurs reprises, il est préférable de maintenir une routine de coucher prévisible et simple. Cela peut inclure la lecture d’une histoire, un câlin, l’utilisation d’une petite veilleuse et la présence des parents pendant un court moment avant de quitter la pièce. Si l’enfant appelle à nouveau, une brève réassurance et un rappel doux que c’est l’heure de dormir peuvent suffire. L’essentiel est d’éviter que le coucher ne devienne une négociation quotidienne. Si les peurs de l’enfant dépassent le cadre du coucher et s’étendent à des cauchemars fréquents, de l’anxiété en journée ou des changements importants de comportement, il peut être nécessaire d’explorer les causes sous-jacentes. Dans ces cas, consulter un professionnel pourrait être bénéfique. Comprendre et traiter la source de la peur, plutôt que de se concentrer uniquement sur le problème de sommeil, permet d’envisager des solutions plus durables.