La production de L’Enfant et les sortilèges par Grégoire Pont et James Bonas a été mise en scène à Toulon dans le cadre de la saison inaugurale de l’opéra local. Créée à l’origine à Lyon en 2016, cette production utilise un grand écran pour séparer visuellement le personnage de l’enfant de l’orchestre. Pont, l’un des metteurs en scène, dessine le titre de l’opéra de Maurice Ravel au-dessus de l’enfant à la craie blanche, ajoutant une dimension tactile et artistique à la représentation. Le décor se compose d’un cube noir et repose largement sur le video mapping 2D, une technique qui projette des images animées sur des surfaces pour créer une atmosphère magique et immersive. Le spectacle intègre une variété d’éléments imaginatifs, comme une horloge comtoise (un type d’horloge traditionnelle française), un arbre gémissant, des lucioles et les cheveux dorés de la Princesse. Ces éléments sont animés grâce à une interaction synchronisée entre les interprètes et les projections visuelles. La production offre une grande liberté d’interprétation, les comédiens et artistes s’immergeant dans un monde virtuel tant à l’intérieur qu’au-delà du tableau noir utilisé dans le décor. Victoire Bunel s’impose comme une figure centrale de la performance, tandis que Patrick Bolleire, Lise Nougier, Lila Dufy, Doris Lamprecht et Fabien Hyon apportent également une contribution notable. Le Chœur et l’Orchestre de l’Opéra de Toulon, dirigés par Victorien Vanoosten, ont offert une interprétation harmonieuse et de qualité. La représentation de Petrouchka, ballet d’Igor Stravinsky, était également au programme, suscitant des spéculations sur d’éventuels liens thématiques ou musicaux entre Petrouchka et L’Enfant et les sortilèges. L’association d’un design visuel innovant, de performances solides et d’un orchestre bien dirigé a fait de cette ouverture de saison un moment mémorable. L’intégration de la musique classique avec des techniques de projection modernes offre une nouvelle lecture de l’œuvre de Ravel, séduisant à la fois les amateurs d’opéra traditionnel et ceux en quête d’une expérience plus contemporaine.