La paratuberculose touche les bovins avec des symptômes à long terme

La paratuberculose est une maladie digestive chronique des ruminants, comme les vaches et les moutons, qui provoque une diarrhée persistante, une perte de poids et finit par entraîner la mort. La maladie se manifeste généralement chez des animaux âgés de plus de deux ans, après une longue période d'infection sans signes visibles.

Infection précoce et difficultés de contrôle

Les veaux sont les plus vulnérables à l'infection durant leurs 30 premiers jours de vie, bien qu'ils puissent être exposés plus tôt. Cette longue période d'incubation et la nature discrète de la maladie rendent sa détection et sa gestion efficace difficiles. Les chercheurs soupçonnent depuis longtemps que la génétique pourrait jouer un rôle dans la manière dont les animaux réagissent à la maladie.

La recherche génétique révèle des marqueurs de résistance

En 2013, plusieurs établissements de recherche ont lancé une étude nommée Paradigm afin de déterminer si le patrimoine génétique d'une vache influence sa sensibilité à la paratuberculose. L'étude a porté sur des milliers de bovins laitiers appartenant à deux races, la Prim'Holstein et la Normande. L'analyse génétique a révélé des différences significatives entre les animaux infectés et non infectés, ce qui suggère la présence de marqueurs génétiques pouvant indiquer une résistance.

Les outils génétiques ouvrent de nouvelles stratégies de gestion de la maladie

La découverte de ces marqueurs génétiques ouvre de nouvelles perspectives pour la gestion de la maladie. Les éleveurs peuvent désormais utiliser les données génomiques pour repérer les veaux plus résistants à la paratuberculose et adapter en conséquence leur suivi sanitaire. Cette approche pourrait améliorer la santé globale des troupeaux laitiers et réduire la propagation de la maladie.

Stratégies complémentaires de lutte contre la maladie

Les efforts de lutte contre la paratuberculose ne reposent pas seulement sur les outils génétiques, mais aussi sur des mesures de biosécurité et des pratiques de gestion. Il s'agit notamment de maintenir des bâtiments propres, d'assurer une alimentation adaptée afin de préserver la santé du rumen, et de sélectionner soigneusement les animaux pour empêcher la propagation de l'infection.

Une nouvelle étude nationale élargit les travaux de recherche

Un nouveau projet national de recherche, PRISSME, est actuellement en cours. Cette étude, qui se déroule de 2025 à 2029, vise à explorer la résistance génétique à la maladie, à analyser la bactérie responsable et à étudier le microbiote des bovins. Elle concerne plusieurs races bovines et s'appuie sur une collaboration avec des éleveurs pour recueillir des échantillons génétiques et biologiques dans leurs troupeaux.