Concert du centenaire de György Kurtág

Le pianiste Pierre-Laurent Aimard et des musiciens de l'Orchestre philharmonique de Radio France ont donné un concert à l'Auditorium de la Maison de la Radio et de la Musique pour célébrer le centenaire du compositeur György Kurtág. L'événement a mis en lumière les liens entre l'œuvre de Kurtág et celle de compositeurs antérieurs, comme Robert Schumann.

Parallèles thématiques entre les compositeurs

Le programme réunissait des œuvres de Kurtág et de Schumann, en soulignant les parallèles thématiques et stylistiques entre les deux. Bien que Schumann soit né plus d'un siècle avant Kurtág, leurs œuvres partagent des éléments tels que le minimalisme et l'intertextualité, qui comprend les références à la littérature, à d'autres compositeurs, l'autocitation et l'hommage direct.

Interprétation des quatuors à cordes de Schumann

Le concert comprenait les Quatuors à cordes op. 41 de Schumann, composés en 1842 et dédiés à Felix Mendelssohn. Un quatuor formé de musiciens du Philharmonique (Amandine Ley, Aino Akiyama, Leonardo Jelveh et Jérôme Pinget) a interprété l'œuvre, bien que certains aient relevé que l'interprétation manquait de couleur et de dramaturgie dans les trois premiers mouvements.

Les Bagatelles de Kurtág, brèves et complexes

Les Bagatelles pour flûte, contrebasse et piano, composées en 1982 par Kurtág, ont également été jouées. Ces six courtes pièces comportent de nombreuses citations, références et autocitations. Pierre-Laurent Aimard tenait la partie de piano, aux côtés d'Amandine Ley à la flûte et de Boris Trouchaud à la contrebasse, dans une interprétation raffinée où le clavier était utilisé principalement dans une fonction harmonique.

Une atmosphère onirique dans les Märchenerzählungen

Le concert comprenait également les Märchenerzählungen pour clarinette, alto et piano de Kurtág, une œuvre sombre et onirique qui évoque des images de forêts obscures plutôt que le monde traditionnel des contes de fées. Jérôme Voisin était à la clarinette, tandis que l'alto peinait à se faire entendre entre le piano et la clarinette, malgré un très beau son et une grande musicalité.

Une conclusion sublime avec Hommage à R. Sch.

Le concert s'est achevé sur l'Hommage à R. Sch. de Kurtág, avec une grosse caisse placée sur scène sans qu'aucun percussionniste ne soit présent. Le clarinettiste a finalement été chargé de frapper l'instrument, produisant un coup étouffé qui marquait le crépuscule et l'adieu sublime du dernier mouvement.