Le portrait de Cassandra Miller mis en lumière par un concert

L'Orchestre philharmonique de Radio France a donné un concert dans le cadre du « Portrait Cassandra Miller », organisé au sein du Festival d'automne, avec des œuvres de Kurtág, Ravel et Cassandra Miller. Le programme comprenait la création française de Dad Goes to the Mountain de Cassandra Miller, coproduite par Radio France et créée en juin dernier à Bruxelles par Ilan Volkov. L'œuvre rend hommage au père de la compositrice, Gary Glenn Miller, astrophysicien décédé après une période de déclin cognitif.

Le Stele de Kurtág joué avec une puissance atténuée

Le concert s'est ouvert sur Stele, op. 33 de György Kurtág, interprété par l'orchestre sous la direction de Matthias Pintscher. Toutefois, cette pièce, écrite à l'origine pour les Berliner Philharmoniker et Claudio Abbado et créée par eux, a semblé manquer de volume dans l'Auditorium de Radio France, la section Larghissimo n'ayant pas l'impact attendu. L'interprétation du mouvement Lamentoso a été décrite comme plus proche des propres compositions de Pintscher, même si certains gestes étaient mal soutenus.

Pierre-Laurent Aimard interprète les pièces pour piano de Kurtág

Pierre-Laurent Aimard s'est présenté seul sur scène pour interpréter des extraits de Játékok (Jeux) de Kurtág, dont il avait enregistré 81 pièces du cycle en 2025. Si son interprétation a été jugée quelque peu aride, la douceur réfléchie de Birthday Elegy for Judit a été appréciée, davantage que celle d'une précédente exécution de For Dóra Antal's Birthday, tirée du même Livre VI. Un bis issu du même cycle a été salué comme la pièce pour piano la plus séduisante de la soirée.

Le Concerto pour la main gauche de Ravel interprété avec recueillement

Aimard a ensuite rejoint l'orchestre et le chef pour le Concerto pour la main gauche de Ravel, une œuvre entendue auparavant à la Philharmonie de Paris sous la direction de Bertrand Chamayou. L'interprétation n'a pas véritablement tiré profit de la direction de Pintscher, mais le jeu d'Aimard a été remarqué pour sa capacité à interroger la partition, qu'il avait déjà enregistrée en 2010 avec Pierre Boulez.

L'œuvre de Cassandra Miller clôt le concert

Le concert s'est achevé sur Ma Mère l'Oye de Ravel, une suite que les mêmes musiciens avaient déjà jouée de manière plus flamboyante et contrastée, sous la baguette d'autres chefs. L'interprétation de Dad Goes to the Mountain a été mise en avant comme l'œuvre majeure du portrait : la pièce s'appuie sur une palette sonore faite de légères altérations dans une matière plane, procurant une impression de plénitude et d'interrogation. Le premier thème de l'œuvre est tiré de la pièce péruvienne Canchis Tierra Linda, amorcée par les bois et la harpe de la Philharmonie. Son pouvoir évocateur a été souligné, et un dernier concert du Portrait Cassandra Miller est prévu à l'église du Saint-Esprit le 14 décembre.