La compositrice canado-britannique Cassandra Miller, née en 1976, présente ses œuvres lors de quatre concerts à Paris et Nanterre. Sa musique se distingue par un mélange unique de familiarité et de surprise, utilisant des techniques qui à la fois défient et apaisent l’auditeur. Miller recourt souvent à une lenteur extrême, à la répétition et à l’imperfection, intégrant fréquemment des « voix non formées » dans ses créations. Elle décrit sa démarche comme une façon de « célébrer l’erreur », transformant des sons et des mélodies du quotidien en une musique évocatrice et riche en émotions. Ses compositions s’inspirent souvent de sources existantes, comme les quatuors à cordes de Beethoven, les chants traditionnels siciliens des charretiers ou encore la chanson folklorique française À la claire fontaine, qu’elle réinterprète en paysages sonores bruts et expressifs, évoquant la simplicité et le réconfort des vies rurales d’autrefois. Le processus créatif de Miller est profondément personnel et introspectif, souvent décrit comme thérapeutique. Elle explore son inconscient à travers des pratiques instinctives, comme le chant automatique, qu’elle utilise pour faire émerger de nouvelles idées musicales. Son travail est profondément humaniste et empathique, façonné par les interprètes qui donnent vie à sa musique. Elle considère leurs interprétations comme une « extension de l’amitié », soulignant le lien collaboratif et émotionnel entre le compositeur et l’interprète. Le parcours musical de Miller a débuté par une rencontre fortuite. Enfant, elle se désintéressait des activités traditionnelles jusqu’à ce qu’elle entende une harpe celtique lors d’un marché de Noël à Victoria. Cette expérience a éveillé sa passion pour la musique, l’incitant à apprendre l’instrument puis à étudier la composition à l’université. Sa première performance publique a eu lieu à 19 ans, lorsque l’Orchestre symphonique de Vancouver a interprété une de ses œuvres. Aujourd’hui, ses compositions sont jouées par des ensembles allant des petits groupes de chambre aux grands orchestres symphoniques du monde entier. La méthode de composition de Miller présente des similitudes avec celle des minimalistes comme Éliane Radigue et La Monte Young, tous deux fascinés par le son et la nature dès leur plus jeune âge. À l’instar de ces artistes, Miller explore les dimensions émotionnelles et spirituelles de la musique à travers la répétition, la texture et le monde naturel, créant des pièces qui invitent l’auditeur à ralentir, à écouter attentivement et à trouver du réconfort dans les imperfections du son.