Le Festival d’Automne a lancé un portrait de la compositrice canadienne Cassandra Miller, avec trois concerts entièrement consacrés à sa musique. Le programme du festival comprend The Songs of Cassandra Miller, une collection explorant des thèmes de tendresse et de fragilité, ainsi que Gorde de Florentin Ginot et Katharina Ernst, qui adopte une approche plus physique et terreuse de la musique. Dans un entretien avec Laurent Feneyrou, Cassandra Miller évoque sa fascination pour la mélodie, précisant qu’elle s’y est intéressée sans s’en rendre compte au départ. Le programme met en avant des œuvres où les voix de Juliet Fraser, de Cassandra Miller elle-même et des instrumentistes jouent un rôle central, invitant le public à écouter avec empathie et engagement émotionnel.
L’une des pièces, Thanksong (2020), fait écho à Thanksgiving Song of a Convalescent to the Divinity, titre du troisième mouvement du quinzième quatuor à cordes de Beethoven. La musique, d’une intensité discrète, est interprétée par les musiciens de L’Instant donné, dont les archets répétés sur les cordes sont guidés par le chant de la compositrice entendu dans des écouteurs. La soprano Juliet Fraser chante la ligne beethovénienne lentement et avec douceur, décrite comme une « attention délicate à l’autre ».
Une autre œuvre, Traveler Song, pour sept instruments et bande magnétique, s’inspire d’une chanson de charretier sicilienne. Composée en 2019, cette pièce repose sur une « technique incarnée » selon Cassandra Miller, qui se décrit comme « un corps qui participe ». Elle a enregistré et superposé plusieurs versions de sa voix chantant au-dessus de l’originale, entendue via des écouteurs. L’œuvre évolue vers une plainte, qualifiée par Miller de « mélodie presque chamanique », tandis que les instruments reprennent et enrichissent le bourdonnement de la voix. La compositrice souligne que cette pièce est créée avec les interprètes et réalisée sur scène par eux.
Gorde, donné en première mondiale dans la seconde partie du concert, prolonge la réflexion sur le chant et la mémoire à travers un dispositif différent. Il s’agit d’une pièce à quatre mains conçue par Florentin Ginot et Katharina Ernst, intégrant des éléments multimédias où les lumières et les ambiances colorées de Theresa Baumgartner offrent des perspectives inattendues. C’est la première rencontre publique entre Ginot et Ernst, dont la batterie est entourée de synthétiseurs, d’échantillonneurs et d’autres accessoires. La première partie de Gorde propose un paysage sonore où la contrebasse façonne et déforme ses figures sous les salves explosives de la batterie. La seconde partie met en valeur les capacités virtuose de Katharina Ernst sur sa batterie préparée, démontrant son talent pour les structures polymétriques et asymétriques. Le matériau s’appuie sur une collection de chants galiciens sans rythme, appelés alalás, dont le profil harmonico-mélodique émerge sous l’archet du contrebassiste. Le concert s’achève sur la fusion des timbres et l’énergie de la « pulsation », scellant la rencontre de deux artistes dans l’élan de l’improvisation.
D’autres œuvres de Cassandra Miller seront présentées aux côtés de celles d’Éliane Radigue et de Sarah Davachi le 14 décembre, tandis que Dad Goes to the Mountain, pour orchestre, viendra compléter ce portrait le 16 octobre à la Maison de la Radio et de la Musique.
Le Festival d'automne présente un portrait de la compositrice Cassandra Miller avec des œuvres musicales variées
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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