La Banque mondiale veut réduire le coût de la dette des pays en développement

La Banque mondiale prépare 14 à 15 opérations destinées à aider les pays en développement à réduire le coût de leur dette, a annoncé son président, Ajay Banga, lors d'un entretien accordé avant les réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Bangkok.

Un mécanisme permet de remplacer la dette par un financement moins coûteux

Ce mécanisme, déjà testé en Côte d'Ivoire et en Angola, permet aux gouvernements de remplacer des prêts coûteux par un financement meilleur marché, et d'utiliser les économies réalisées pour des projets sociaux, notamment dans l'éducation, la santé et la protection de l'environnement.

Le fardeau de la dette reste un défi majeur pour les pays en développement

De nombreux pays en développement peinent à financer leurs besoins essentiels. En 2026, ils devront rembourser environ 400 milliards de dollars à leurs créanciers extérieurs, dont près d'un tiers au titre des intérêts. Le coût élevé des emprunts limite leur marge de manœuvre budgétaire.

La Banque mondiale offre des garanties, sans rembourser directement les dettes

La Banque mondiale ne rembourse pas directement les dettes des pays. Elle fournit des garanties aux banques commerciales, qui peuvent ainsi proposer des conditions de prêt plus avantageuses. Les gouvernements peuvent ensuite utiliser ces fonds pour rembourser plus tôt des prêts plus coûteux.

L'objectif est de réduire les intérêts et d'allonger les délais de remboursement

L'objectif est de diminuer les intérêts versés et d'étaler les remboursements sur une plus longue période, afin de dégager des ressources pour les projets de développement. Ce processus, appelé « échange dette contre développement », repose sur un refinancement et non sur une annulation de la dette.

La Banque mondiale prévoit d'étendre ses garanties en Afrique

En mai 2026, la Banque mondiale a annoncé son intention de plus que doubler ses garanties annuelles en Afrique, pour atteindre 6,4 milliards de dollars d'ici 2030. L'objectif est de mobiliser 23 milliards de dollars de capitaux privés pour les infrastructures, l'énergie et les services financiers.

La Côte d'Ivoire recourt au refinancement pour financer l'éducation

La Côte d'Ivoire a lancé en 2024 une opération de refinancement portant sur près de 400 millions d'euros de dette commerciale. Les nouvelles conditions du prêt devraient libérer environ 330 millions d'euros de ressources budgétaires sur cinq ans, dont une partie sera consacrée à la construction d'écoles.

L'Angola suit un modèle similaire pour améliorer l'éducation

L'Angola a obtenu le soutien de la Banque mondiale et de son agence de garantie des investissements, la MIGA, pour refinancer jusqu'à 400 millions de dollars de dette commerciale. Les économies attendues devraient permettre de construire 30 écoles secondaires supplémentaires, bénéficiant à plus de 32 000 élèves.

Les mécanismes varient et ne conviennent pas forcément à tous les pays

Si ces opérations aident certains pays à mieux gérer leur dette, elles ne sont pas adaptées à tous. Les pays dont la dette est insoutenable pourraient avoir besoin d'une restructuration plus profonde. La Banque mondiale n'a pas précisé quels pays ni quels montants sont concernés par les 14 à 15 opérations à venir.