La Banque mondiale lance l'initiative « Compacts » pour renforcer les retombées locales de l'exploitation minière dans quatre pays africains, dont la Mauritanie et la Zambie, via réformes et investissement privé.
La Banque mondiale lance l'initiative Compacts
La Banque mondiale, dirigée par son président Ajay Banga, a lancé un nouveau programme appelé Compacts pour soutenir le développement des ressources minières dans quatre pays africains, dont la Mauritanie. Cette initiative s'inscrit dans une stratégie plus large visant à garantir que les communautés locales tirent davantage profit directement des activités minières.Les Compacts mettent l'accent sur les partenariats et la planification
Lancé lors des réunions annuelles de la Banque mondiale à Bangkok, le 16 octobre, le programme Compacts consiste à travailler avec les gouvernements afin d'élaborer des feuilles de route détaillées. Ces plans définissent les réformes nécessaires, les améliorations des infrastructures et le développement des compétences pour soutenir la croissance du secteur minier, avec des objectifs clairs et des échéances fixées pour la mise en œuvre.La Zambie vise l'expansion de son industrie du cuivre
La Zambie, deuxième producteur de cuivre d'Afrique, cherche à relancer son secteur sous-exploité de fabrication de fils et de câbles en cuivre. Le pays espère accroître ses capacités de production d'ici 2029, mais des défis tels que les faibles niveaux de production, la dépendance aux cours du cuivre et la fiabilité de l'approvisionnement en électricité restent des obstacles importants.La Banque mondiale soutient les objectifs miniers de la Zambie
La Banque mondiale s'emploie à aider la Zambie en attirant des partenaires financiers et en soutenant les fournisseurs locaux dans leur accès au crédit et dans l'amélioration de leurs compétences. Une nouvelle opération de soutien au secteur minier, d'un montant de 80 millions de dollars, est actuellement en préparation à Lusaka pour appuyer ces efforts.L'accent mis par la Mauritanie sur la production de minerai de fer
Les efforts de la Mauritanie dans le cadre de l'initiative Compacts sont centrés sur la Société nationale industrielle et minière (SNIM), qui a joué un rôle majeur dans le PIB et les exportations du pays en 2023. La nation vise à produire 10 millions de tonnes de boulettes de minerai de fer par an d'ici 2035 et à construire une installation de réduction directe du fer à briquettes chaudes d'ici 2040.La Mauritanie a besoin d'infrastructures et de financements
La réalisation de ces objectifs nécessite des infrastructures supplémentaires en matière d'énergie, d'eau et de logistique. Le projet DREAM de la Banque mondiale, approuvé en 2025, soutient ces efforts. Par ailleurs, la SFI, branche du secteur privé de la Banque mondiale, a signé en juillet 2026 un accord avec la SNIM pour préparer des projets et sécuriser des financements.Le Malawi vise l'amélioration de la transformation des minerais
Le Malawi, dont le secteur minier est plus modeste et contribue à moins de 1 % de son PIB, mise sur la valorisation de ses ressources, notamment le graphite, le rutile, les terres rares et le niobium. Le gouvernement prévoit de préciser les exigences en matière de transformation des minerais d'ici 2027 et d'améliorer les données géologiques ainsi que la gestion des permis grâce à un projet de la Banque mondiale de 70 millions de dollars.Le Malawi souhaite accroître les retombées économiques locales
Ce projet vise à faire passer la part des dépenses minières bénéficiant aux communautés locales de moins de 5 % à 15 % d'ici 2030. Cela contribuerait à faire en sorte qu'une plus grande part des retombées économiques de l'exploitation minière reste dans le pays.La Banque mondiale aborde les défis liés à l'emploi et au financement
Ajay Banga a souligné la nécessité de faire face à la réduction des budgets publics et à la hausse de la demande d'emplois, d'autant que la région devra créer, selon les estimations, 400 millions de nouveaux emplois au cours des dix à quinze prochaines années. La Banque mondiale entend mobiliser ses financements et son soutien pour attirer des investisseurs privés et développer ces secteurs.L'avenir de l'initiative Compacts reste incertain
Si l'initiative compte vingt pays potentiels, la liste définitive n'a pas été rendue publique. On ignore encore le montant des fonds qui seront alloués pour soutenir la transformation locale dans les pays africains concernés, ce qui illustre les défis persistants de la mise en œuvre de programmes de développement d'une telle envergure.