Des militants étudiants réclament l'amnistie pour 7 950 mineurs arrêtés, dénonçant un traitement répressif et l'absence de procédure régulière lors des manifestations nationales.
Des militants étudiants réclament l'amnistie pour les manifestants arrêtés
Des militants étudiants demandent l'amnistie pour les personnes arrêtées lors des récentes manifestations, affirmant que les mineurs ont été traités de manière répressive. Ils soutiennent que beaucoup de personnes interpellées n'étaient même pas des élèves des établissements touchés par les mobilisations.Chiffres des arrestations et réponse du gouvernement
Selon la Chancellerie, l'administration centrale du ministère de la Justice, 7 950 arrestations ont été signalées, dont 85 % concernent des mineurs. Le ministère de l'Intérieur a déclaré que ces interpellations faisaient suite à des « violences urbaines » survenues à proximité de centaines d'établissements scolaires.Une pétition recueille le soutien de divers groupes
Une pétition appelant à l'amnistie des étudiants a été lancée sur la plateforme en ligne de gauche Le Média et a recueilli près de 52 500 signatures. Elle a été cosignée par des partis politiques, des syndicats, des artistes, des universitaires et des membres de la société civile, dont Ilies Djaouti, avocat et fondateur de l'association Alerte Racisme.Le cadre juridique de l'amnistie en France
L'amnistie efface rétroactivement une infraction et sa condamnation, comme si elle n'avait jamais existé. Jusqu'en 2007, elle était principalement accordée par le biais de la grâce présidentielle collective du 14 juillet, mais cette pratique a depuis été abolie. Aujourd'hui, le président de la République ne peut accorder des grâces qu'individuellement et sous certaines conditions.Des juristes réclament l'amnistie
Le 23 octobre, 238 avocats ont publié une tribune dans L'Humanité réclamant l'amnistie pour l'ensemble des étudiants et pour les personnes condamnées pour avoir participé aux manifestations. Ils dénoncent la répression violente du mouvement social et critiquent les conditions des interpellations, des procès et des détentions.Des avocats soulignent l'ampleur des arrestations
Romane Bartoli, avocate au barreau de Paris et membre du Collectif pour l'action judiciaire, a souligné l'ampleur sans précédent des arrestations, estimant à près de 10 000 le nombre de personnes interpellées depuis le début du mouvement. Elle a affirmé que le gouvernement est peu susceptible de répondre à de telles revendications, car celles-ci seront obtenues par le rapport de force dans la rue.Les échanges avec le gouvernement n'ont pas abordé la question de l'amnistie
Des tentatives de dialogue entre le mouvement étudiant et le gouvernement ont eu lieu, mais la demande d'amnistie n'a pas été abordée. Ryad Rani, président de l'Union syndicale lycéenne (USL), a indiqué que les réunions avec les représentants du gouvernement n'ont donné lieu à aucune réponse à la demande d'amnistie.Un événement consacré aux arrestations et à la répression
Pour se concentrer sur la question des arrestations sans la mêler aux autres revendications liées à l'école, la Coordination régionale étudiante d'Île-de-France organise un événement sur le campus des Grands Moulins de l'université Paris Cité, comprenant un village associatif et une marche jusqu'à la prison de la Santé.L'événement vise à mettre en avant la justice et les droits
Ariane Anemoyannis, porte-parole du collectif de jeunesse Le Poing Levé, a déclaré que l'événement vise à faire valoir les revendications de justice pour les personnes réprimées, le droit de manifester et l'amnistie pour les personnes arrêtées dans le cadre du mouvement. Elle a ajouté que la répression cherche à intimider la jeunesse et à dissuader la mobilisation, soulignant la nécessité de l'unité pour poursuivre le mouvement.