En 2019, selon l’organisme français de recherche INRAE, la punaise diabolique (Halyomorpha halys) avait colonisé plus de la moitié des départements métropolitains en France. Cet insecte, qui ne dépasse pas 17 mm à l’âge adulte, a été signalé pour la première fois en 2012 dans les jardins partagés de Strasbourg. Initialement confondue avec une espèce locale, la punaise grise (Rhaphigaster nebulosa), elle a été officiellement identifiée comme Halyomorpha halys en 2013. Depuis, elle suscite une inquiétude croissante pour l’agriculture et les écosystèmes français. La propagation de l’insecte a été étroitement suivie grâce à la mobilisation de plus de 4 000 citoyens entre 2012 et 2021. L’INRAE, en collaboration avec le Muséum national d’histoire naturelle, a lancé deux programmes de science participative : Agiir en 2012 et INPN-Espèces en 2016. Ces initiatives ont permis un suivi en temps réel de la progression de l’insecte à travers la France et ont contribué à une étude publiée dans Scientific Reports en 2021. Une carte indiquant l’année de première détection de la punaise dans chaque département entre 2012 et 2021 est disponible sur le site Ephytia de l’INRAE. L’invasion s’est accélérée après 2015. Le premier spécimen a été enregistré à Escalquens, une commune du département de la Haute-Garonne, le 28 août 2015, selon les archives de la DRAAF (Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt). En 2018, Jean-Claude Streito, expert de l’insecte à l’INRAE, a recensé plus de 100 signalements depuis 2015, un nombre qui a triplé en août de cette même année. Il a identifié l’Alsace et la région parisienne comme les zones les plus touchées, avec un signalement également en Corse. Treize ans après sa découverte, la punaise est désormais présente presque partout en France. Originaire d’Asie, Halyomorpha halys est présente dans des pays comme la Corée, la Chine, le Japon et Taïwan. Elle se propage involontairement avec les activités humaines, gagnant l’Europe, l’Afrique et d’autres régions. Détectée pour la première fois en 2004 en Liechtenstein et en Suisse, elle s’est depuis répandue dans plus de 20 pays, du Portugal à la Turquie et de la Belgique à l’Italie. En 2017, elle a été repérée au Chili, puis en 2019 au Maroc, suivi de l’Algérie en 2021. En Australie, en Nouvelle-Zélande et en Nouvelle-Calédonie, l’insecte a été intercepté lors d’inspections de fret, mais n’a pas encore établi de population stable. La punaise se nourrit de plus de 120 espèces de plantes, sauvages ou cultivées, et produit en France une à deux générations par an, contre jusqu’à six en Asie. Les dégâts sont signalés en Europe depuis 2015 et observés en France depuis 2018, principalement sur les arbres fruitiers, mais aussi sur les cultures maraîchères. En hiver, l’insecte cherche refuge dans des zones protégées comme les fissures sèches, l’écorce épaisse des arbres morts ou les structures humaines, ce qui explique sa tendance à pénétrer dans les habitations en octobre. Selon les archives de la DRAAF Occitanie, les infestations massives ne présentent pas de danger pour les humains ou les animaux, et la punaise ne pique pas. En 2018, Jean-Claude Streito a souligné qu’il n’était pas possible d’arrêter la propagation de l’insecte en Europe. En 2021, l’INRAE lançait un nouveau programme participatif pour surveiller trois autres espèces potentiellement invasives : le hanneton japonais, la blatte à bandes rouges et la cicadelle pailletée.