Les moustiques tigres, vecteurs de virus dangereux, progressent en France. Les villes doivent s'adapter pour prévenir les épidémies.
Le moustique tigre gagne du terrain en France
Le moustique tigre, Aedes albopictus, est présent en France depuis 2004 et s'étend désormais dans les grandes zones urbaines de la région Centre-Val de Loire. Sa présence suscite des inquiétudes quant à la propagation de maladies telles que le chikungunya, la dengue et le zika.Les moustiques ont besoin de conditions précises pour prospérer
Yseult de Dreuille, entomologiste médicale, explique que le moustique tigre privilégie des températures comprises entre 18 °C et 30 °C et qu'il a besoin de surfaces humides pour pondre, d'eau stagnante pour ses larves, de lieux d'repos ombragés et d'hôtes pour son repas sanguin. Ces conditions se retrouvent couramment en milieu urbain.Période de surveillance des moustiques prolongée
En raison de la présence croissante du moustique tigre, la période de surveillance des moustiques en France a été étendue du 1er mai au 30 novembre. Dans la région Centre-Val de Loire, 40 % de communes supplémentaires ont été colonisées en 2025 par rapport aux années précédentes, et près de la moitié de la population est exposée au risque de transmission d'arbovirus.Empêcher la présence d'eau stagnante est essentiel
Les responsables de la santé publique insistent sur l'importance d'éliminer l'eau stagnante en milieu urbain. Parmi les mesures recommandées figurent le fait d'éviter les soucoupes de terrasses surélevées, d'installer des grilles anti-feuilles sur les gouttières, de vider les arrosoirs et de couvrir les récupérateurs d'eau de pluie. Le mobilier urbain susceptible de retenir l'eau doit également être évité.La communauté et l'urbanisme doivent agir ensemble
Yseult de Dreuille souligne la nécessité d'une action collective, car le moustique tigre peut parcourir jusqu'à 200 mètres. Les villes sont encouragées à intégrer la prévention des moustiques dans leurs documents d'urbanisme et leurs règles immobilières. Une réglementation locale pourrait être nécessaire pour éviter des épidémies semblables à celles survenues à La Réunion.Des méthodes de surveillance et de lutte sont en cours d'expérimentation
Les professionnels et les collectivités locales peuvent recourir à des réseaux de surveillance et à des pièges pour suivre et contrôler les populations de moustiques. Des techniques comme la technique de l'insecte stérile, actuellement testée à Toulouse, ont permis de réduire le nombre de moustiques. Toutefois, l'éradication est peu probable, et la population de moustiques tigres devrait continuer à augmenter dans les années à venir.