La campagne présidentielle française de 2027 s’est de plus en plus focalisée sur la gestion de l’épargne substantielle du pays, avec des débats passionnés autour des systèmes de retraite, de la fiscalité sur la fortune et du rôle de l’épargne privée dans les finances publiques. Selon la Banque de France, les actifs financiers des Français s’élevaient à 6 590,5 milliards d’euros à la fin de l’année dernière, soit près du double de la dette publique du pays. Cette situation soulève des interrogations sur la meilleure façon d’utiliser ces ressources pour répondre aux défis économiques et sociaux à long terme. Le système de retraite actuel en France, connu sous le nom de répartition, repose sur les cotisations des actifs pour financer les retraités. Cependant, ce modèle est aujourd’hui remis en question, avec des propositions pour un système par capitalisation, où l’épargne des travailleurs est investie et leur est restituée à la retraite. À gauche, Jérôme Guedj (PS) soutient un système de capitalisation géré collectivement par les partenaires sociaux, sans pour autant s’opposer au système de répartition existant. Le PCF de Fabien Roussel et LFI défendent le modèle actuel. En revanche, la plupart des candidats de droite et du centre-droit prônent le développement de la capitalisation. Marine Le Pen (RN) soutient une composante de capitalisation « pour ceux qui le peuvent », tandis que l’ancien Premier ministre Édouard Philippe (Horizons) propose de compléter le système par répartition par une composante de capitalisation. David Lisnard (Nouvelle Énergie) qualifie la capitalisation d’« indispensable ». Lors d’un « grand oral » avec les candidats, le maire de Cannes a décrit le système de retraite actuel comme une « pyramide de Ponzi », suggérant qu’il est insoutenable. Sur la question de la transmission des richesses, Gabriel Attal (Renaissance) s’oppose à une augmentation des droits de succession et propose un plan d’épargne retraite ouvert dès la naissance pour « lisser les transmissions ». Édouard Philippe estime également que « l’héritage est en train de changer » parce qu’il est « de plus en plus reçu tardivement ». Les candidats de droite défendent généralement la transmission des richesses, tandis que ceux de gauche insistent sur une contribution accrue des grandes successions pour la redistribution. Raphaël Glucksmann (Place publique) propose de taxer les « méga-successions », c’est-à-dire 1 % des plus grosses héritances à partir de 2 millions d’euros. LFI défend un plafond d’héritage de 12 millions d’euros et la confiscation de tout montant au-delà de ce seuil. Les Écologistes de Marine Tondelier prônent une fiscalité accrue sur les plus grandes successions pour financer la transition écologique. Concernant l’utilisation de l’épargne des ménages pour contribuer à la dette publique, la droite s’y oppose généralement, Gabriel Attal affirmant que la dette publique relève de la dépense publique, et non de l’épargne. Bruno Retailleau (LR) déclare de même que le problème de la dette n’est pas celui de l’épargne. À gauche, Jérôme Guedj (PS) rejette l’idée de lier l’épargne privée à la dette publique, considérant qu’il s’agit de « deux mécanismes différents » et mettant en garde contre un « raccourci d’optique » qui suggérerait qu’un pourrait compenser l’autre.