Kira lance le magazine KazeKami

Kira, une créatrice indépendante de 19 ans, a lancé KazeKami, un magazine consacré à la mode des animés shōjo et magical girl des années 2000. Le premier numéro, sorti le 27 août, réunit les souvenirs d'animés personnels de Kira, l'héritage de couture de sa famille et la conviction que les cultures associées aux adolescents et aux jeunes femmes méritent une reconnaissance sérieuse.

Parcours artistique et académique de Kira

Kira étudie les arts depuis le lycée, en se concentrant sur les arts appliqués, le design et les sciences du design. Après une formation dans ces domaines, elle a intégré l'IIM Digital School, où elle a exploré le graphisme, la 3D, l'animation, les jeux vidéo et les médias audiovisuels. Elle s'apprête désormais à entrer dans une école de mode, perpétuant une tradition familiale de couture qui s'étend sur quatre générations.

Le regard de Kira sur son métier de créatrice

Kira se définit davantage comme une créatrice que comme une artiste, soulignant que le terme « artiste » implique souvent une reconnaissance et une communauté, qu'elle n'a pas pleinement atteintes. Elle réalise des commandes et vend occasionnellement des peintures, mais se considère tout de même comme une artiste.

La mode dans l'histoire familiale de Kira

La mode occupe une place importante dans la famille de Kira. Son arrière-grand-mère confectionnait des robes en Algérie pendant la période coloniale française, et sa grand-mère possédait un petit atelier en Algérie avant de s'installer en France. Sa mère a étudié le stylisme et la création de patrons, et vient d'ouvrir sa boutique. Kira a d'abord refusé d'entrer dans le secteur de la mode, mais a finalement décidé d'intégrer une école de mode pour perpétuer la tradition familiale à sa manière.

La découverte du manga et de l'animé par Kira

Kira a découvert le manga et l'animé vers 2013, lorsqu'elle a commencé à regarder des animés avec ses cousins, qui lui montraient surtout des shōnen. Elle s'est intéressée au shōjo après avoir insisté pour regarder Pichi Pichi Pitch à l'âge de 11 ans. Des œuvres comme Paradise Kiss, Nana, Vampire Knight et Kilari ont fortement influencé son esthétique. Elle aime imaginer ses personnages comme dans un jeu vidéo, où leur apparence dépend de leur personnalité.

Les origines de KazeKami

KazeKami est né d'une affiche créée au lycée. Le nom fait écho à Kamikaze Girls, qui réunit deux filles aux styles totalement opposés. Kira a choisi d'en faire un objet imprimé plutôt qu'un média purement numérique, estimant que la culture du magazine a presque disparu en France. Elle voulait créer un objet physique que l'on peut apprécier avec ses sens, feuilleter et consulter à nouveau pour s'inspirer.

Le public visé par KazeKami

KazeKami s'adresse aux passionnés de manga et de mode, à ceux qui ont grandi avec ces œuvres, et à ceux qui souhaitent découvrir cet univers. Il ne se limite pas aux filles, car des thèmes comme les relations interpersonnelles, l'amitié, la trahison ou la construction de soi ne sont pas propres aux filles. Kira prévoit d'élargir le magazine à l'animé, aux jeux vidéo et à la musique des années 2000, en gardant la mode et l'esthétique comme thème central.

Un contenu nostalgique et analytique

Le premier numéro de KazeKami est avant tout un objet nostalgique, mais il comprend de véritables analyses de mode. Kira relie les vêtements, la personnalité du personnage, le contexte de l'œuvre et les esthétiques existant dans la réalité. Le magazine propose une sélection de tenues qu'une héroïne pourrait porter aujourd'hui, le contenu de son sac, son bento, son maquillage, ses films préférés ou ses passions, pour la rapprocher de la vie réelle.

La mode iconique dans les animés shōjo

Kira estime qu'un look de manga devient iconique lorsqu'il correspond à la personnalité du personnage. Dans Nana, les silhouettes de Nana Ôsaki et de Nana Komatsu révèlent déjà leurs différences. Dans Kimi ni Todoke, les tenues simples et peu accessoirisées de Sawako Kuronuma reflètent son introversion et sa douceur. Dans My Dress-Up Darling, les mèches colorées et les ongles roses de Marin Kitagawa suffisent à la distinguer.

L'importance du shōjo et ses défis

Kira insiste sur l'importance de prendre le shōjo aussi au sérieux que le shōnen, rappelant que le shōjo aborde des thèmes très humains comme les émotions, l'amitié, la trahison, la tristesse, l'amour ou la construction de soi. Elle estime que le shōjo, souvent discrédité, a longtemps été dévalorisé parce qu'il est associé aux adolescents et aux jeunes femmes. Cette dévalorisation s'inscrit dans une hiérarchie plus large entre les cultures associées aux filles et celles considérées comme masculines.

Les objectifs futurs de KazeKami

Au-delà de l'esthétique, le shōjo peut offrir des relations réalistes et des histoires qui résonnent avec le public. Kira souhaite que KazeKami apporte davantage d'ambition au shōjo, notamment à travers des parcours professionnels plus variés et des personnages qui évoluent en tant que femmes. Elle veut aussi préserver le patrimoine visuel des années 2000 tout en montrant qu'il peut continuer à évoluer et retrouver toute son ambition.

Un événement éphémère pour KazeKami

KazeKami prendra également vie hors des pages avec un pop-up du 24 au 31 octobre au 27 passage Choiseul, 75002 Paris. Le premier numéro du magazine y sera en vente, aux côtés d'ateliers créatifs conçus comme un prolongement de son univers.