Les tensions s'intensifient entre les États-Unis et l'Iran

Les récentes déclarations du président américain Donald Trump laissent craindre une reprise des tensions militaires entre Washington et Téhéran. M. Trump affirme que les États-Unis ont détruit une part importante des capacités nucléaires iraniennes, mais qu'il reste à s'occuper d'un ou deux sites. De son côté, l'Iran a averti qu'il riposterait en cas de nouvelles frappes.

Historique du conflit et évolutions récentes

Le conflit actuel a débuté le 28 février avec des frappes conjointes des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, qui a riposté en visant des alliés du Golfe des États-Unis. Un cessez-le-feu en avril a mis fin à près de 40 jours de bombardements intenses, et un accord conclu en juin visait à mettre définitivement un terme au conflit. Cette entente fragile s'est toutefois effondrée cet été, le détroit d'Ormuz étant au cœur du différend.

Site visé et action militaire possible

Samedi, M. Trump a évoqué la nécessité de « s'occuper » du mont Kolang, également appelé « montagne de la pioche », situé à environ 200 km au sud de Téhéran, près du complexe nucléaire de Natanz. Il a suggéré que les États-Unis pourraient traiter rapidement un ou deux sites restants, ce qui pourrait donner lieu à une campagne militaire courte et intense après les prochaines élections de mi-mandat américaines.

Positions diplomatiques israélienne et américaine

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié la situation actuelle d'« opportunité historique unique » pour « éliminer définitivement la menace existentielle » que représente l'Iran. Par ailleurs, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré que Donald Trump n'avait pris aucune décision et qu'il privilégiait une « solution diplomatique », malgré les discussions en cours.

Menaces iraniennes et préparatifs militaires

L'ayatollah Mojtaba Khamenei, guide suprême de l'Iran, a averti d'une riposte « immédiate, puissante et illimitée sur le plan géographique » en cas de nouvelles frappes. Il a ordonné aux responsables militaires de mettre à jour les listes de cibles afin d'y inclure « tous les types de biens matériels et immatériels » appartenant aux États-Unis et à Israël. L'Iran a également menacé de viser des centres de données, des systèmes d'intelligence artificielle et des câbles sous-marins dans le détroit d'Ormuz.

Efforts diplomatiques et position iranienne

Des négociations sont en cours avec une médiation qatarie, mais le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré ne pas voir la nécessité de rencontres directes avec les États-Unis. Il a précisé que, si les États-Unis acceptent les conditions de l'Iran, Téhéran décidera si les négociations doivent être directes ou indirectes.

Sentiment de la population en Iran

À Téhéran, la possible reprise d'une guerre à grande échelle suscite de l'inquiétude. Certains habitants, comme Farima, 62 ans, ont le sentiment de vivre dans l'attente d'une guerre. D'autres, comme Ebrahim, vendeur d'une quarantaine d'années, ne témoignent d'aucune peur, rappelant qu'il y a 48 ans que l'Iran n'a pas connu la guerre, en référence à la fondation de la République islamique en 1979.

Incident dans le détroit d'Ormuz

Samedi, un pétrolier a pris feu après avoir heurté des mines, selon l'armée iranienne, rapporte la télévision d'État. Les États-Unis affirment toutefois avoir largement déminé la zone, ce qui ajoute à l'incertitude et à la tension dans la région.